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A Doha, le sommet de IATA s’ouvre sur fond de MH370 et de NDC


Doha accueille jusqu’au 3 juin prochain le sommet annuel de IATA, l’organisation du transport aérien mondial qui regroupe 240 compagnies. En se tenant dans le Golfe, l’Association reconnaît la puissance de ces « compagnies du sable » devenues incontournables dans le paysage aérien. Mais au-delà, les sujets de fond sont plus complexes: sécurité des vols, environnement, frais ancillaires, NDC et tarification spéciale sont au menu des discussions.



© Vincshekhan
© Vincshekhan
La 70ème assemblée générale de l’Association des compagnies aériennes (Iata) se déroule depuis hier et jusqu’à demain à Doha, au Qatar. Elle fêtera le centenaire de l’aviation commerciale dans le Golfe, preuve de la montée en puissance des Emirats dans le transport aérien mondial. Mais 3 mois après la disparition du MH 370, elle travaillera aussi, et sans doute essentiellement, sur les conditions de sécurité des vols et sur leur suivi. La proposition d’Air France sera-t-elle entendue ? L’Iata devra élaborer ses propres propositions pour compléter celles de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui vient ainsi de constituer un groupe de travail pour élaborer d’ici septembre des solutions pour suivre les avions.

C'est le moins visible qui aura le plus de conséquences: rencontres entre patrons de compagnies pour nouer des alliances, discussions pour «protéger» les tarifs sur des lignes concurrentielles, mise en place de CodeShare, les sujets de fond seront aussi au rendez-vous de ce que l’on appelle communément « le bal économique de l’aérien ».

Doha aura également un impact indirect sur le voyage d’affaires. Le premier portera sur la mise en place de la NDC (New Distribution Capability) portée et développé par IATA. Pour résumer simplement le projet : le prix du billet d’avion se fera à la tête du client. A la base, IATA souhaitait que les agences fournissent un profil détaillé du passager pour livrer le tarif qui lui sera proposé. Face au tollé, l’association a fait marche arrière mais conservera le droit d’utiliser ses propres statistiques pour déterminer le prix d’un trajet. Bien évidemment, ce sont les classes avant qui sont principalement impactées par le projet. La fréquence, la classe de voyage, les frais ancillaires seront ainsi adaptés pour, selon IATA « mieux coller aux besoins du passager».

Forte de plusieurs tests réussis, IATA veut aller vite. La NDC deviendrait réalité fin 2015, début 2016. L’accord récent obtenu aux USA par IATA auprès du Department Of Commerce est un signal fort pour les compagnies américaines qui veulent aller vite. Air France serait prête tout comme la plupart des compagnies asiatiques. Même les représentations de compagnies étrangères se disent capables de fédérer les petites structures autour du NDC. Jean Louis Baroux d’APG n’a pas caché que le projet était avancé.

L’autre sujet qui va bousculer les tarifs, c’est la protection de l’environnement. La taxation larvée proposée par l’Europe va revenir très vite sur le tapis. IATA devra jouer finement. Doha est le lieu idéal pour arrondir les angles. Tony Tyler, le patron de IATA, ne cache pas son agacement sur le sujet que personne ne veut aborder sous l'angle le plus évident : la limitation des effets polluants du transport aérien. Motoristes et avionneurs y travaillent. "ce n'est pas aux compagnies de payer pour travailler" a t-il déclaré récemment.