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A Toulouse, les aéroports sous pression des compagnies aériennes




Il y a un peu de "la poule et de l'œuf" dans le salon Routes Europe 2010 qui vient de se terminer à Toulouse. Qui, de l'aéroport ou de l'avion, est le maillon essentiel du transport aérien ? Sans doute les deux si l'on décrypte le contenu des échanges entre les 300 aéroports présents et les 86 responsables du développement des compagnies aériennes. Il faut dire que tous les aéroports ne sont pas logés à la même enseigne. Les plus célèbres et les plus fréquentés sont tout naturellement les plus sollicités. Les autres, souvent associés à des structures politiques régionales, devront faire les yeux doux à bien des compagnies pour qu'elles daignent éventuellement s'intéresser à eux. Rien d'étonnant dans un marché où, plus qu'ailleurs, l'offre et la demande doivent s'équilibrer.

Il y a eu du "slot Market" dans cette rencontre organisée pour la première fois en France par la ville rose. Pendant trois jours, toute l'Europe s'est intéressée aux créations potentielles de lignes aériennes. Sur un marché considéré comme complexe en raison du poids politique des différents gouvernements concernés, il fallait arriver à se positionner pour envisager à terme la mise en place de nouvelles liaisons, qu'elles soit intra ou extra européennes. Ici, on place des jalons et on anticipe sur l'avenir», commente anonymement l'un des participants qui précise que «La présence des compagnies low cost, souvent à la recherche de bas prix pour poser leurs avions et de subventions pour les faire venir, fausse considérablement la réalité des échanges et diminue sensiblement la valeur des escales».
Globalement, la réunion de Toulouse a démontré que l'on peut raisonnablement envisager en France la création d'une centaine de lignes internationale supplémentaires, principalement opérées par des compagnies étrangères venues du Golfe, de l'Amérique du Sud ou des États-Unis. Mais ce chiffre, loin de refléter la réalité des demandes, ne correspond pas pour autant aux futures lignes qui seront réellement ouvertes. La crise de l'aérien a conduit bon nombre de compagnies à plus de réalisme, y compris sur des destinations européennes pourtant largement fréquentées. Car au delà des études de marché il faut, pour ouvrir une liaison, trouver un aéroport disponible mais aussi y dégager des slots (créneaux horaires) pour se poser et décoller. Avec des horaires cohérents avec les besoin des passagers. Assurer la mise en place d'une escale structurée, indispensable à l'exploitation de la ligne, et cela coûte cher.
Avec un nombre record de visiteurs à cette manifestation (près de 800), quelque 300 aéroports et plus de 80 compagnies aériennes représentées, la preuve est faite que l'Europe continue à attirer les exploitants, persuadés que de nouveaux marchés vont naître d'ici à 2015. Au final, si tous les participants reconnaissent la qualité de la manifestation, ils sont nombreux à rester prudents quant à la suite qui sera donnée aux différentes demandes évoquées pendant les trois jours de rendez-vous. Se développer demande forcément des moyens, et l'époque n'est pas pour l'instant aux investissements inconsidérés. "Sans oublier qu'il faut être certain que les passagers seront au rendez-vous", souligne notre spécialiste.

Hélène Retout

Mardi 11 Mai 2010


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