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AF 447, un besoin de savoir face à tant d'hypothèses !




Bousculé par les familles, les médias, la compagnie Air France elle-même, le Bureau Enquête Accident (BEA) est incapable à ce jour de donner une explication raisonnable quant aux raisons de l'accident du Rio/Paris en juin dernier. On peut s'en étonner mais en aucun cas accuser le BEA de précipitation dans le seul but de faire plaisir aux uns et aux autres. Par une habitude bien française, voilà que surgit sur le net la théorie du complot. "On nous cache tout, on ne nous dit rien". Si cela était aussi simple, bien des accidents d'avions seraient aujourd'hui compris !

Depuis quelques jours, la presse revient sur le douloureux dossier du crash d'Air France de juin dernier et s'interroge sur les recherches qui doivent être relancées en février prochain pour tenter de retrouver les fameuses boites noires. "Sans doute pour faire plaisir aux familles", commente un expert, "car près de 6 mois après, les retrouver et surtout les exploiter tiendra du pur miracle". Dans les années 30, Antoine de Saint-Exupéry affirmait en souriant que "L'aviation était une science trop précise pour être sûre". Ce n'est pas la première fois que l'on n'apportera pas de réponse concrète à un accident d'avion. Que dire du vol TWA 800, parti de New York pour s'abimer en mer à peine une heure après son décollage ? L'histoire du transport aérien est malheureusement truffée de telles incompréhensions. Et au final, pourra t-on comprendre, et donc améliorer, les failles techniques du Rio/Paris ? Si les sondes Pitot sont montrées du doigt, la météo voire la fatigue de l'équipage sont aussi des hypothèses à retenir. Bien d'autres circulent. Que valent-elles ? Bien malin qui pourra le dire.
Toujours est-il qu'il va falloir s'habituer à de telles catastrophes. Dans un domaine aussi sécurisé que l'aérien, plus sûr que bien d'autres moyens de transport, la moindre faille est terrible au vu de la capacité actuelle des avions. Et je ne parle même pas des A380, configuration Air Austral avec 840 passagers. Pour les entreprises, cette situation a bien été prise en compte avec des politiques très strictes en matière de déplacement du top management, généralement partagé sur des vols distincts. Pour les voyageurs, le fait de monter dans un avion suffit souvent à faire prendre conscience du danger potentiel du moyen de transport utilisé. Quelques entreprises l'ont compris et en parlent en toute franchise. La plupart des voyageurs d'affaires ont un point d'interrogation au fond d'eux mêmes, et passent dessus pour continuer à avancer.
Aussi, j'aime beaucoup cette phrase de Rilke qui résume à elle seule toute cette situation : "Comprendre la mort c'est l'accepter même si elle doit se résumer à des détails ou des actions que l'on peut expliquer ou rejeter. C'est le mystère de la fin, il doit rester entier"

Marc Dandreau

Lundi 14 Décembre 2009


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