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Jeudi 18 Juillet 2013

Accident de Brétigny : un usager avait averti la SNCF



Un habitué de la gare de Brétigny-sur-Orge, ancien fournisseur de la SNCF, a envoyé un courrier à la compagnie en 2010 pour lui indiquer qu’il avait remarqué plusieurs défauts d’entretien sur les voies où le déraillement a eu lieu. Son témoignage a été publié par Le Parisien, le 18 juillet 2013.



Accident de Brétigny : un usager avait averti la SNCF
Christian Brochet dirigeait un atelier fabriquant des pièces métalliques pour la SNCF, c'est un spécialiste de l'entretien des voies. Il a remarqué en 2010 plusieurs défauts de maintenance sur les voies de la gare de Brétigny-Sur-Orge et décidé d’avertir la SNCF par le biais d’un courrier publié par le Parisien, le 18 juillet 2013. «Monsieur, j'emprunte assez fréquemment le RER en gare de Brétigny. Donc je prends le train habituellement sur le quai de la voie 2 (elle est proche de la voie 1 où le train 3.657 a déraillé, NDLR), et l'autre jour, quelle ne fut pas ma stupeur, en regardant les rails, de constater (...) 36 anomalies liées à la fixation du rail le plus proche de moi», a-t-il écrit en novembre 2010. Il avait consté en quelques mètres des défauts sur 36 tire-fonds (vis qui fixent le rail à la traverse) qui étaient desserrés, cassés ou absents. Il a souligné que «Cette voie est empruntée largement par les trains RER qui ne roulent pas vite en gare. Mais des trains rapides passent aussi sur cette voie. Alors? Où est l’entretien qui doit assurer un bon service et la sécurité? Ce que j’ai vu n’est qu’une petite portion de voie. Que penser du reste du réseau?». La SNCF a répondu à sa lettre 3 mois plus tard et s’est voulue rassurante «Je tiens à vous assurer qu’il n’y a aucun défaut d’entretien sur cette zone. Cet état est connu, surveillé et respecte toutes nos normes : il n’y a aucun risque de sécurité». Elle précisait également qu'une «intervention a été programmée (…) pour rétablir l’efficacité des attaches». Le septuagénaire qui a longtemps travaillé avec la SNCF soutient que si l’accident du 12 juillet est dû à une défaillance, «il faut regarder du côté de la maintenance des voies».