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Acheter, un joli mot pour une belle fonction


Voilà quelques années lorsqu’un gamin n’était pas bon à l’école, ses parents savaient qu’ils en feraient un bon vendeur… Pourvu qu’il ait du bagout et un sens aigu de l’observation. Un raccourci facile qui a conduit bien des jeunes dans la vente de voitures, l’immobilier ou la distribution. Si vendre était une punition, acheter, au contraire, relevait d’un véritable savoir-faire supposé. «Allons bon», me disait l’un de mes amis, chef d’entreprise à la retraite, «Acheter, c’est facile. Cela demande du bon sens et une curiosité à toute épreuve, c'est tout». Erreur fatale : acheter demande une réelle maîtrise des besoins et un vrai talent d’analyste qui s’apprend.



Dans le monde du voyage, bien des agents de comptoir, à coup de formations «spécialisées» se sont reconvertis, avec plus ou moins de talent, dans le monde des achats. Mais contrairement aux idées reçues, la fonction d'acheteur demande des connaissances qui vont au-delà du simple maniement de la calculette. Dans le monde du voyage d’affaires, optimiser et anticiper sont deux qualités nécessaires qui demandent une bonne vue comptable des dépenses engagées et une maitrise du développement souhaité par l’entreprise. Autrement dit, si choisir à bons prix est facile, choisir intelligemment est plus complexe. Heureusement. C’est sans doute l’analyse de la fonction qui a conduit bien des entreprises à restructurer depuis quelques années leurs services « achats ». D’un côté la production, de l’autre le hors production avec des passerelles entre les deux mondes pour éviter les cloisonnements parfois coûteux. Ces services, placés sous la direction d’un patron des achats, sont depuis peu associés à la direction financière de l’entreprise dans le seul but de créer une synergie entre l’acheteur et le payeur… Le tout sous le regard de spécialistes financiers patentés qui, dans l’entreprise, jouent un peu le rôle des cost controleurs d’hier. Car l’achat dépasse le simple cadre du produit. Aujourd’hui, l’interopérabilité des besoins est source d’économies. Cette constante adaptation besoins/fournisseurs ne saurait se faire sans la connaissance des marchés et de l’offre. Un travail bien plus complexe qu’on ne le pense. Mettre au grand jour la fonction achat est une mission noble et nécessaire. Un but à atteindre pour cet année 2010, afin de ne pas enfermer les acheteurs dans un carcan économique, bien trop étroit pour être réaliste.

Alain Joyet

Lundi 3 Janvier 2011


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