Une union, c’est la volonté commune de parler d’une seule voix. Pour le nouveau groupe AS, c’est plutôt une chorale qui a été mise en place. Juste pour la communication, il y a une personne en interne chez Afat et une chez Selectour. Et deux cabinets de presse différents, ce qui fait déjà une belle table de bridge. Bien sûr, il est toujours facile de montrer ce qui ne marche pas en omettant ce qui fonctionne. AS Voyages reste sur le papier une belle idée même si aujourd’hui, il y a toujours deux chevaux dans le même couloir. Le troisième larron, American Express joue actuellement la carte de la réflexion juridique pour expliquer le retard apporté à la signature de cet accord... Et sans doute éviter que d’anciens amants ne viennent jouer le rôle du « cocu » en public. Amex ne semble donc pas trop pressé de mener à bien le projet. Et pour cause, pourrait-on dire. En créant un aspirateur à PME/PMI, AXcent, qui veut attirer les entreprises qui gèrent au moins 250 000 € de budget voyages (soit 26 % des sociétés françaises), American Express a bien l’intention d’être un acteur national parfois en concurrence avec les agences spécialisées avec lesquelles il est censé signer. L'histoire n'est pas simplifiée par une autre question, posée cette fois ci par les membres du réseau AS: en signant avec Amex, ne va-t-on pas rejouer cette vieille histoire du loup qui entre dans la bergerie? A une époque où l’informatisation facilite très fortement l’implantation de SBT mutualisés ou non, c’est vers le conseil, l’optimisation des déplacements et l’assistance que va se porter la bataille. Un domaine où American Express s’est taillé depuis deux ans un costume sur mesure. Bref, si le réseau AS voyages semble toujours être le troisième acteur du voyage d’affaires, la compétition qui s’annonce devrait être féroce. Havas Voyage, relancé par CWT (Carlson Wagonlit Travel), entend bien être également présent sur le marché du voyage d'affaires des PME/PMI. Dans cette affaire, si les costumes sont, peut-être de Roger Hart, il faudra alors se méfier de Donald Cardwell qui pourrait vite en envoyer un ou deux dans les décors.
Marcel Levy