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Air France : 5122 postes supprimés d’ici fin 2014


Le chiffre des suppressions d’emplois atteint 5122 postes chez Air France, chiffre publié ce jeudi à l’occasion d’un Comité Central d’Entreprise de la compagnie. Les personnels au sol paieront le plus lourd tribu. Les départs se feront sur la base du volontariat, affirme la compagnie.



DR Delafosse Salon T2G Air France
DR Delafosse Salon T2G Air France
La compagnie compte ne pas remplacer 1712 départs à la retraite programmés d’ici la fin 2014, et compte sur des départs volontaires pour alléger les effectifs. En plus des "départs naturels", ce sont au total 2056 postes qui devraient être supprimés chez les personnels au sol, 904 emplois chez les hôtesses et stewards et 212 postes supprimés chez les pilotes (en plus des 238 pilotes en surnombre annoncés au 31.12.2011). Les pilotes seront notamment invités à quitter la compagnie mère par mutations internes, notamment chez Transavia.

Voici le communiqué intégral que nous fait parvenir Air France ce jeudi 21 juin à midi :
"Air France a une double ambition : restaurer sa compétitivité et repositionner ses produits et services au meilleur niveau mondial tout en développant son offre loisirs.
Air France a aussi fait le choix exigeant de maintenir les grandes lignes de son périmètre d’activité, ce qui nécessite, pour être viable, que la Compagnie améliore de 20% son efficacité économique.
A chacune des phases d’élaboration du projet, Air France a choisi de travailler en toute transparence et de privilégier le dialogue social pour rechercher des mesures structurelles et pérennes, qui seront inscrites dans de nouveaux accords d’entreprise. Fin juin, ces accords seront proposés à la signature des organisations professionnelles représentatives. S’ils sont signés, Air France s’engage à ne pas procéder à des licenciements et à mettre en oeuvre différentes mesures pour accompagner la nécessaire diminution des effectifs.
Ce projet s’intègre dans le plan de redressement du groupe Air France KLM où les deux compagnies Air France et KLM mettent en oeuvre des mesures de transformation visant un retour rapide à l’équilibre du groupe.

Finalisation du projet industriel et stratégique
Le projet industriel et stratégique d’Air France, dont les premiers éléments ont été présentés le 24 mai, se décline en cinq axes :

1 - Restructurer l’activité court et moyen-courrier
Pour retrouver sa compétitivité, l’activité court et moyen-courrier du Groupe Air France sera restructurée autour de trois pôles complémentaires : Air France, un pôle régional français et Transavia France.
- Air France continuera à se développer avec l’alimentation du hub de Paris-Charles de Gaulle, les grands flux affaires domestiques et européens de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, ainsi que les trois bases de province, Marseille, Nice et Toulouse.
- Le regroupement de l’activité des compagnies Airlinair, Brit Air et Regional au sein du pôle régional français permettra d’atteindre une réduction des coûts de 15% et de proposer à ses clients une offre commerciale adaptée et plus compétitive pour des voyages, affaires ou loisirs, inter-régions et vers l’Europe.
- Enfin, pour capter la croissance du segment Loisirs, Air France a choisi de développer sa filiale Transavia France, qui augmentera dès 2013 ses fréquences de vols existants et exploitera de nouvelles liaisons au départ de Paris-Orly, Lille, Lyon et Nantes, sans transfert de routes ni de fréquences d’Air France vers Transavia France.

2- Redresser et repositionner l’activité long-courrier
Air France entend retrouver une dynamique de croissance en faisant la différence par la qualité de ses produits et services, notamment dans les classes La Première et Affaires (Business). Dès signature des accords, un vaste programme d’investissement de plusieurs centaines de millions d’euros dans de nouveaux aménagements cabine sera progressivement mis en oeuvre.

3 - Optimiser le fonctionnement et l’efficacité économique des services en aéroports
Pour améliorer le parcours des clients en aéroports, Air France va intensifier l’utilisation des nouvelles technologies et proposer des circuits plus simples et rapides dans de nouvelles infrastructures telles que le satellite d’embarquement S4 à Paris-Charles de Gaulle. L’efficacité économique des escales sera par ailleurs optimisée en renégociant les contrats d’achats, en simplifiant les processus et en augmentant la productivité.

4 - Accélérer la transformation du cargo
L’activité fret va poursuivre et accélérer les efforts fournis depuis trois ans pour réduire ses coûts et améliorer sa performance économique afin de contribuer de manière positive au résultat de l’activité long-courrier de la compagnie, tout en améliorant l'exploitation de sa flotte d'avions cargo ramenée à 4 appareils. L’intégration avec KLM et Martinair sera poursuivie et de nouvelles synergies seront recherchées avec les escales de province et à l’international.

5 - Développer les segments porteurs de la maintenance et optimiser l’entretien avions
Pour son activité maintenance, le Groupe poursuivra sa stratégie de croissance rentable en particulier sur les segments porteurs des «Equipements» et «Moteurs». Une réorganisation industrielle sera mise en oeuvre en vue de restaurer la rentabilité du segment «Entretien avion».

Une nécessaire diminution des effectifs sans licenciements

La définition d’un nouveau cadre conventionnel est une des conditions majeures du redressement de l'entreprise. Des négociations sont en cours avec l'ensemble des organisations syndicales représentatives des personnels au sol, des personnels navigants commerciaux et des pilotes.
L’entreprise a pour objectif, à fin 2014, d’augmenter l’efficacité économique de 20% par la limitation de l’évolution de la masse salariale, par l’augmentation et l’efficacité des temps travaillés, par le non remplacement des départs et par l’amélioration des processus.
L'actuelle dynamique des discussions permettra d'informer et de consulter le Comité Central d’Entreprise le 28 juin sur les projets d'accords mis à la signature des organisations syndicales.

Sur la base du projet industriel et dans le cadre des nouvelles dispositions conventionnelles en cours de négociation, l’évolution de l’emploi de décembre 2011 à décembre 2013 aboutit à une baisse de 5 122 emplois sur un total de 49 301 au sein de la Compagnie Air France (emplois sous contrat français). Le nombre de départs naturels non remplacés sur la période est estimé à 1 712. Le sureffectif résiduel estimé fin 2013 est donc de 3 410 (soit 6,9% des effectifs au 31/12/2011), qui se répartissent en 2 056 personnels au sol (soit 6,4% de la population concernée), 904 personnels navigants commerciaux (6,8%) et 212 pilotes (5,4%, auxquels s’ajoute un sureffectif de 238 pilotes, déjà identifié au 31/12/2011).

Après signature des accords, les modalités de traitement des sureffectifs à mettre en œuvre pour 2012-13 pourront comporter :
o une incitation au départ volontaire en retraite dans le cadre d’un plan de départs volontaires,
o une incitation au départ volontaire de l'entreprise dans le cadre d’un plan de départs volontaires,
o des mesures d’incitation ciblées au passage à temps partiel,
o des mesures de partage du temps de travail pour les personnels navigants commerciaux et les pilotes.

Ainsi, lorsque les accords seront signés, le traitement des sureffectifs exclura le recours à des licenciements d'ici fin 2013. Une évaluation de l’état d’avancement du plan sera conduite au second semestre 2013. Si le plan Transform se déroule comme prévu, permettant d’atteindre l’objectif de 20% d’efficacité économique, le recours à des départs contraints sera également évité en 2014.

Dans l'hypothèse où les accords ne seraient pas signés, les procédures en cours de dénonciation des accords conventionnels seraient menées à bien dans un cadre économiquement beaucoup plus contraint. Compte tenu de l’impact des nécessaires réductions d’activité et de fermetures de lignes, les départs non volontaires ne pourraient alors être évités.
« Air France se trouve face à un choix déterminant pour son avenir. Notre projet industriel a deux ambitions : faire revenir Air France à la profitabilité et mieux servir nos clients. En face des efforts équitablement répartis que nous devons consentir, il n’y a pas de licenciements. La signature des accords dans les prochains jours engagera l’ensemble des salariés de l’entreprise et témoignera de la détermination de chacun à replacer Air France sur le chemin de la croissance. J’ai confiance dans le succès de notre plan qui permettra à Air France de revenir au premier plan des compagnies mondiales», a déclaré Alexandre de Juniac, Président-directeur général d’Air France.