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Air France : adieu Jean-Cyril, bonjour Alexandre


C'est aujourd'hui qu'Alexandre de Juniac prend les commandes du groupe Air France/KLM. Frédéric Gagey, jusqu'alors directeur financier, prendra sa place à la tête de la compagnie Air France. Au milieu de la tourmente économique qui se poursuit, Alexandre de Juniac, en devenant le seul patron du groupe, aura quelques étapes à réussir avant de dire, si oui ou non, il a gagné la bataille de la relance. Transform 2015 semble bien engagé, du moins selon la direction et les premiers résultats concrets sont attendus pour la fin de l'année 2013.



Avant même d'engager les points d'étape promis aux syndicats et le développement des mesures annoncées en septembre prochain, de Juniac revendiquera t-il le droit d'inventaire ? Celui du travail mené depuis 1997 par Jean-Cyril Spinetta. A priori, il est loin d'être mauvais malgré quelques couacs sociaux. Spinetta le tolérant, a t-il trop cédé pour obtenir la paix social ? La question reste posée même si la réponses est complexe. Seule certitude, Jean-Cyril Spinetta n'a pas préparé Air France à la crise de l'aérien arrivé en 2009. Pire, pour les spécialistes du domaine, il aurait du en profiter pour serrer tous les coûts de production comme l'a fait Willie Walsh chez Bristish Airways. "Au delà de la politique de l'eau tiède, il aurait du engager les mutations qu'attendait l'entreprise", précisait récemment dans ses chroniques Jean Louis Baroux.
Mais même si l'on oublie l'objectif de la seule réduction des coûts, c'est sur le terrain des prix qu'Air France est en panne. Elle ferraille contre les low cost avec HOP! sur le court et moyen courrier, mais pour le long courrier, Air France reste encore dans les choux. "La compagnie est chère en règle générale", expliquait Alain Mingot, patron de PME/PMI lyonnaise, invité au débat sur l'aérien au dernier Market Place. Mais le cercle est vicieux. Face à un environnement social coûteux, la baisse des prix est quasi impossible si l'on veut une rentabilité minimum. Alexandre de Juniac l'a compris et travaille par petites touches : modernisation de la classe business, évolution des services en première, refonte des lignes et ouvertures de destinations prometteuses. Bref, chaque nouveauté doit être mesurée au quotidien et trouver son Retour sur Investissement. La réactivité est devenue l'un des critères de gestion. Pour l'heure, un nouveau plan de réduction des coûts se prépare, annoncé en juin par de Juniac lui-même. Ce sera ses devoirs des vacances. Un nouveau tour de vis est ainsi attendu pour la rentrée.

Hélène Retout

Dimanche 30 Juin 2013


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