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Air France joue la carte du politique


Deux soutiens appuyés du gouvernement, celui de Manuel Valls et de François Hollande au Havre, ont suffi à redonner de l’espoir aux salariés. Visiblement, le pouvoir ne veut toujours pas d’un plan de licenciement massif à deux ans de la Présidentielle. Même Alain Vidalies, le Ministre des transports, a expliqué en privé qu’il y avait "d’autres alternatives aux licenciements".



Comme nous l’évoquions dans notre article du 5 octobre, Air France a bien eu le soutien politique du gouvernement avant de présenter aux CCE son plan B. L’idée n’était certainement pas d’exciter les salariés (tous condamnent la violence) mais de donner plus de pouvoir à Alexandre de Juniac pour négocier et faire pression sur les pilotes. On peut globalement souligner les efforts des uns et des autres pour ne pas arriver à un point de rupture.

L’opération a en partie réussi et tous se disent aujourd’hui décidés à revenir à la table des négociations… Tous ou du moins les syndicats qui - à part la CGT - veulent aujourd’hui des négociations sectorielles pour éviter d’être mis dans le même sac que les pilotes.
A l’évidence, la partie de poker menteur va recommencer. Pas certain que la Direction puisse rester figée dans la seule volonté d’engager des licenciements secs. "Aujourd’hui, un plan de départ volontaire n’apporterait pas grand-chose à Air France", explique un cadre de l’entreprise, "Ceux qui devaient, ou voulaient partir, sont partis. Les autres ne sont pas volontaires, surtout en province".

Mais le dialogue social va rester complexe. Le référé contre les pilotes reste très présent au SNPL où l’on n’a pas apprécié la méthode. Juniac le sait et tente aujourd’hui de moduler les effets de cette action. "Un moyen comme un autre d’engager le dialogue", aurait dit le président à ses proches collaborateurs.

Enfin, dans ce bras de fer, l’ombre de la reprise par une compagnie étrangère refait surface. Etihad serait prête à aider financièrement la compagnie. Bruno Matheu, ancien bras droit de Juniac, se fait très discret depuis son départ dans la compagnie d’Abu Dhabi. Nul doute qu’il suit de très près la situation et qu’il pourrait bien revenir, un jour ou l’autre, sur le devant de la scène.