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Air France: les raisons de la colère


Trois syndicats de pilotes d’Air France appellent à la grève cette semaine. Les séances de négociations avec la Direction et les explications sur les projets de la compagnie n’ont pour l’heure pas permis de faire avancer le dialogue, qui semble bel et bien bloqué… Explications.



C’est à une grève reconductible du 15 au 22 septembre, de 5h à 23h qu’appelle le SNPL France Alpa, tandis que le SPAF (Syndicat des pilotes d’Air France) et Alter demande aux pilotes de tenir le mouvement 4 jours, du 15 au 18 inclus. Les élections professionnelles se profilent mais ce n’est pas pour jauger leurs forces que les organisations de pilotes se mobilisent, mais pour «condamner l’absence de dialogue social sur les orientations stratégiques».

En fait, c'est surtout le statut des pilotes de la future Transavia Europe, low cost dont le développement pourrait être spectaculaire dès 2015, qui pose problème. La direction d’Air France propose de créer 250 postes de pilotes, rémunérés aux conditions de Transavia. Elle affirme qu’un pilote sur sa compagnie mère coûte 40 à 70% plus cher qu’un pilote de sa compagnie loisirs, dont elle veut faire le fer de lance contre les low-costs. Selon les pilotes, la différence de coûts provient surtout des charges aéroportuaires (Roissy est plus cher que le hub d’Orly) et ils demandent pour les avions de plus de 110 places la création d’une unité de pilotes spécifique pour l’ensemble du groupe Air France, maison mère et filiales, payés aux conditions Air France.

Cette formule permettrait à la compagnie les effets de la saisonnalité, en particulier pour les vols loisirs. Les pilotes balayent du même coup les revendications des pilotes de Hop! qui apprécient peu de voir piétiner leurs plates-bandes. De son côté le syndicat CFDT souligne que les revendications sectorielles sont d’autant plus malvenues que les pilotes sont invités à rejoindre Transavia mais en aucun cas obligés de le faire. Air France explique enfin que si les pilotes restent arc-boutés sur leurs revendications, Transavia France restera en l’état mais que le développement de Transavia Europe se fera, avec ou sans eux. Situation bloquée.

Même si les pilotes font grève 5 jours fermes, soir une perte de 80 à 100 millions d’euros pour la compagnie, cela changera-t-il la détermination de la Direction ? C’est tout l’enjeu de la grève.