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Air France: par peur des mouvements sociaux, les entreprises aussi prévoient un plan B


En moins de 48 heures, tout aura été dit sur la décision d’Air France de mettre en place un plan d’économies qui concerne les emplois de près de 2.900 salariés. Entre un Michel Sapin, persuadé que les pilotes sont responsables de cette crise et un Alain Jupé qui s’interroge sur l’avenir de la compagnie : "La disparition d'Air France serait une catastrophe pour l'économie et le rayonnement de la France", l'avenir s'annonce complexe pour le transporteur. Désormais, tous les ingrédients d’un bon mélo sont en place… Sauf qu’il ne s’agit pas de cinéma.



Les chiffres évoqués par Air France, révélés par les représentants syndicaux, ne laissent planer aucun doute sur les objectifs de la compagnie en matière de départs volontaires ou de licenciements secs : 300 pilotes, 700 PNC et 1900 salariés au sol (soit plus de 70% des escales). On en saura plus lors de la réunion du Comité Central d’entreprise de ce 5 octobre.

En annonçant sur France Info qu’AF ne négociera pas ce week-end, Frédéric Gagey a remis un peu d’huile sur le feu. Depuis vendredi, les téléphones des représentants du personnel n’arrêtent pas de sonner. Au bout du fil, des salariés qui ne veulent pas disparaître sans rien faire. L’avenir social sera bousculé. Des mouvements se mettent en place. On peut raisonnablement imaginer que des grèves se préparent. Comme l’explique un délégué de la CGT : "Air France nous promène depuis des mois pour en arriver là où la compagnie voulait arriver, des licenciements secs". Mais selon certaines sources, la réduction de capacité se limiterait à 4 ou 5 appareils en 2016, ce qui permettrait de ne pas supprimer tout de suite et sèchement des emplois. Des négociations devraient s'engager avec une évaluation plus précise des départs naturels (retraites) ou par secteur (en particulier les escales, gros point noir de l'emploi chez Air France sur certaines comme la Corse). Les éventuels plans de départs pourraient débuter au deuxième semestre 2016, ce qui donne un peu de temps pour les préparer et les répartir via des négociations.

Dernier maillon de cette chaîne, l’entreprise qui se déplace et pour qui Air France était une réponse. A l’occasion de l’IFTM Top Resa, plus de 8 acheteurs sur dix avouent qu’ils préparent des solutions de remplacement pour l’Asie et les USA. "Nous allons sans doute voler avec des compagnies du Golfe", reconnait le TM d’une entreprise pharmaceutique, persuadé que les grèves sont inéluctables. Même son de cloche dans une PME où l’on se dit "sensibilisé aux soucis que poserait une grève chez Air France".