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Air France : que peuvent attendre les acheteurs « voyage » du nouveau Président ?


Alors qu’une unanimité syndicale semble s’installer favorablement autour de la nomination de Jean-Marc Janaillac à la tête du groupe AF/KLM, nous avons demandé à quelques professionnels des achats « voyage » leurs attentes en matière de relations commerciales avec la compagnie franco néerlandaise. A leur demande, les prénoms ont été changés. La discrétion est de mise dans le monde des acheteurs.



Trois grandes attentes ressortent de ce sondage express : des prix lisibles et compétitifs, un dialogue social renoué pour éviter les grèves et une meilleure adaptation des contrats à la réalité des voyages de l’entreprise. Rien de bien nouveau sous le soleil, même si pour Jean-Luc : "Le premier travail du nouveau patron sera d’instaurer une réelle compétitivité dans l’entreprise", avec sans doute l'espoir de voir sa propre société en bénéficier. Tous sont unanimes à dire que la compagnie ne saurait revenir au premier plan sans les efforts des pilotes qui devront accepter de travailler plus pour faire baisser le coût d’exploitation. Efforts indispensables pour retrouver une place tarifaire dans le monde du transport aérien.
 
"Oui mais attention à la sécurité", souligne Alain qui ajoute "Air France n’est plus dans le classement de tête des compagnies les plus sûres. Il lui faut retrouver sa place ». Et de fait, pour beaucoup de grands groupes, assurer la sécurité est essentiel. Le nouveau Président devra aussi l’intégrer à sa vision globale. "Il devra être rassurant et ferme sur ce point ".
 
Côté prix, c’est l‘unanimité. "Air France est souvent plus chère que ses compétiteurs", remarque Monica qui précise: "Il faut une lisibilité immédiate du meilleur tarif, surtout en business où les écarts vont de 1 à 4 selon la destination". Et d’ajouter "Les contrats corporate nous garantissent le prix le plus bas de la compagnie, mais pas le meilleur prix du marché". Si le yield est fort bien intégré aux réflexions des acheteurs, c’est son application sur les destinations peu couvertes par la concurrence qui reste complexe. "Aujourd’hui nous ne privilégions plus le sans escale", explique Ryan, "Nous préférons privilégier le prix. Et il augmente très fortement sur les destinations ou peu de compagnies se posent. Nous l’avons vu sur les points pétroliers où les tarifs étaient parfois indécents".
 
Enfin, assurer le voyage sans encombre reste la priorité de tous. La « gréviculture » dans le monde des transports français agace. La notion de « salariés privilégiés » chez AF est très présente dans les commentaires des acheteurs. Pour Paul, "Le privé paye pour le public" et de préciser que pour lui, "Air France est une entreprise privée où l’Etat reste présent et où la mentalité est toujours celle d’une entreprise publique".  Et d’ajouter "Comment penser autrement quand on voit que le nouveau président d’AF est issu de la même promotion à l’ENA que celle de François Hollande ?".
 
On le voit, la tâche « commerciale et relationnelle » du nouveau Président avec les acheteurs des entreprises françaises est immense. A l’inverse de son prédécesseur qui ne l'a jamais vraiment fait, il lui faudra aller sur le terrain. Etre aux côtés de ses gros clients. L’image de la compagnie a besoin d’un homme de proximité et de terrain. Deux qualités reconnues par les anciens collaborateur de Jean-Marc Janaillac.

Marcel Lévy
 

Mardi 3 Mai 2016


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