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Alitalia, entre nationalisme et réalisme


Les déclarations se suivent, s'opposent, se rapprochent et finalement ne débouchent sur rien. La presse italienne souligne depuis 48 heures le pas de danse des responsables politiques face au brulant dossier d'Alitalia. Dernière sortie en date, celle de Salvatore Mancuso, vice-président d'Alitalia, qui affirme que, vu par Air France, "Rome ne sera qu'un hub de la compagnie française". L'assemblée générale d'Alitalia consacrée à son plan de sauvetage est programmée pour le 14 octobre.



Alitalia, entre nationalisme et réalisme
"Pas question de ce partenaire, l'Italie mérite mieux", explique Salvatore Mancuso qui insiste sur le besoin d'Alitalia de rester dans l'esprit originel : une compagnie au service des italiens. Dans le psychodrame qui se joue, Alitalia n'a plus de temps à perdre et le déficit qui se cumule met en péril l'exploitation. Parallèlement, Mauro Moretti, le patron des Chemins de Fer italiens se dit sceptique quant à l'apport du rail à l'aérien. Le besoin en capitaux, environ 450 millions d'euros, est trop élevé pour son entreprise publique qui ne voit guère "d'intérêt stratégique à ce sauvetage". Pire, le gouvernement affirme désormais qu'il n'a jamais sollicité le rail pour aider le ferroviaire ! De la grande comedia dell'Arte.

Pour Gilberto Benetton, l'un des actionnaires favorable au développement de la présence d'Air France au sein d'Alitalia "Il faut régler ce problème de nationalisme latent qui pèse sur les décisions et ne débouche sur aucune solution". D'autant plus qu'Alitalia attend, à nouveau, beaucoup d'Etihad. La direction d'Alitalia aimerait que la compagnie d'Abu Dhabi s'intéresse concrètement au dossier. Mais pour Gilberto Benetton, la vision actuelle est irréaliste : "Alitalia veut un chèque d'Etihad mais demande que la compagnie du golfe ne pèse pas sur la gestion quotidienne qui resterait italienne". Derniers recours possible, à l'étude selon la presse italienne, ceux de la Lufthansa et d'Aeroflot. Les deux sont peu crédibles en l'état de leur situation économique actuelle.

Enfin, Paris exprime son scepticisme face aux attentes italiennes. Frédéric Cuvillier, le Ministre des transports affirme, à Reuters qu' "Une éventuelle prise de contrôle d'Alitalia par Air France-KLM aurait du sens à condition de ne pas remettre en cause le redressement du groupe franco-néerlandais".