Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels


Aujourd'hui tout est "vintage", même moi!


Comme l'a écrit Simone Signoret, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Aujourd'hui, pas une annonce, un service, un produit n'oublie de mentionner son "caractère" vintage. Des compagnies aériennes ressortent des livrées utilisées au début de l'aviation commerciale et le groom des hôtels, vêtu façon Tintin, est revenu à la mode. A croire que même un smartphone Android ou Apple va se retrouver qualifié d'une telle étiquette. Si le passé était si bien... Fallait-il alors chercher à l'améliorer ?



Avec son bons sens, Edgar Morin me disait lors de la préparation d'une conférence dont il était la vedette : "Le passé est un peu comme un clou profondément planté dans la semelle d'une chaussure, il finit toujours par empêcher d'avancer". Et de fait, ce regard sur les années "magnifiques" que nous regrettons a de quoi nous donner le bourdon. Là ou certains voient dans les 30 glorieuses des années de confort et d'insouciance, les économistes, eux, préfèrent évoquer le gaspillage et l'absence de vision dans le temps manifestée par nos parents. Celle qui, dès 1974, nous a conduit à la crise que nous connaissons aujourd'hui. A la peur viscérale de l'avenir qui guette nos enfants. Je ne crois pas qu'un rescapé de 14-18 voyait des vertus dans le combat fratricide avec l'Allemagne. Plus terre à terre, laver son ligne à la main et le repasser n'a jamais été l'ambition des mères et épouses. Et ne me traitez pas de machiste, les nouveaux papas mettent plus la main à la pâte que nous l'avons fait il y a seulement 30 ans. La valeur du temps passé est plus forte que celle du temps qui s'annonce. Sans doute fait-elle moins peur car nous connaissons l'histoire mais sommes incapables d'imaginer celle qui nous attend. Sauf à disposer d'une boule de cristal magique.

Pourquoi donc une telle saillie éditoriale ? Parce que la morosité est la pire ennemie du développement. A l'heure où nos entreprises se battent pied à pied à l'international, il s'installe une sorte de "french bashing" qui veut que tout ce qui est tricolore ne vaut rien. Air France, la SNCF, nos constructeurs automobiles voire même notre tourisme national. Bientôt nos hôtels. Au risque de vous paraître nationaliste - ce n'est ni un gros mot ni une couleur politique - et pour me promener dans le monde toute l'année, je trouve que l'on ne fait pas si mal. Moi, je n'ai pas l'ambition de m'installer au bout du monde (sauf peut-être au soleil) en expliquant à qui veut m'entendre, que je vis chez les "nuls". Et je ne reste pas dans l'Hexagone faute d'avoir le talent de Depardieu ou la fortune de Bernard Arnault, Je reste parce-que je m'y sens bien !

Voilà le message que je voulais adresser à nos voyageurs d'affaires. A celles et ceux qui se lèvent à l'aube, affrontent des décalages horaires et sautent d'un train à l'autre. Inutile de tourner en rond sur un passé quelconque, il faut aller de l'avant, se mobiliser et imaginer l'avenir. Les contrats se signaient peut-être mieux avant, mais c'était toujours un griboulli en bas d'une page ! Et si certaines conditions de voyage étaient plus confortables, la technique le rend souvent plus souple et plus adaptable aujourd'hui. Et bien moins que demain. La technicité du travel management est une chose, le soutien des équipes en est une autre.

Marcel Lévy

Mercredi 20 Mars 2013


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