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Avis de coup de vent




Les grandes agences du tourisme d'affaires sont dans la tourmente. A priori, rien ne pouvait laisser penser qu'un jour elles subiraient, plus vite et plus fort que d'autres, les conséquences d'une crise économique. D'autant plus que leur discours va bien au delà de la simple vente de billets ou de voyages packagés. Conseil, assistance, implants dédiés ou partenariats sont devenus des mots clés de leur discours et de leur savoir faire. Alors, comment expliquer cette situation et les pertes d'emploi qui y sont associées ? En regardant du côté des entreprises ? Pas si sûr.

Faire près de 50% d'économie sur le budget voyage est devenu une demande fréquente des entreprises à leurs Travel Managers ou acheteurs en charge du voyage. Une demande basée sur les résultats économiques du moment mais très éloignée du bons sens qui voudrait que l'on maintienne un minimum de contacts commerciaux. Pour preuve, le cri d'alarme de Ion Rest, consultant pour la Commission Européenne, qui prédit qu'en cas de reprise "Les entreprises européennes n'auront pas les moyens d'assurer leur présence à l'international" et de poursuivre avec cette prédiction "Bon nombre de PME/PMI mais aussi de grands groupes seront vulnérables quand l'économie recommencera à frémir".
Qu'importe l'avenir, pour les agences comme American Express ou Carlson, même si les lendemains doivent chanter, c'est le quotidien qui coince. Leur taille serait, pour beaucoup de professionnels, à la limite du critique. Les process engagés et la concurrence rendent complexes toute réactivité. L'adaptation est plus longue et, à l'image d'un bateau, la force d'inertie est pesante. Juste le temps nécessaire de réorienter le cap. Ce qui est particulièrement intéressant à lire, ce sont les commentaires des experts américains ou anglais du voyage d'affaires. Pour eux, l'avenir sera aux petites unités de commercialisation, très mobiles, capable de s'adapter très vite aux marchés. Car c'est de là que viendra la nouveauté. Demain ne sera plus comme avant, pensent beaucoup de TM qui aimeraient partager cette idée avec leurs agences. D'autant que demain, la tentation du direct sera forte. "Croire que le voyage complexe ne passera demain que par l'humain est une erreur", affirmait Kevin Maguire le patron de la NBTA (National Business Travel Association). De quoi obliger les grands acteurs du domaine à repenser leur avenir qui, lui aussi, ne pourra plus s'appuyer sur les méthodes du passé.

Marcel Levy

Mardi 7 Avril 2009


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