Bertrand Mabille : Je voudrais tout d'abord préciser que je suis, en partie d'accord, avec l'analyse de Scott Gillespie. Les voyages complexes représentent 15 à 20 % des demandes formulées aux agences. Même si un voyage de point à point n'est pas forcément un voyage simple et peut subir bien des modifications. Oui, les fees vont baisser avec la numérisation du voyage d'affaires et la montée du on line. Aujourd'hui, le on line ne représente que 25 à 30 % des transactions contre 60 % aux USA. Les analyses peuvent donc être différentes. Par contre, nous ne constatons pas chez nos clients cette envie de tout faire eux mêmes. Au contraire, ils nous demandent aujourd'hui d'être un guichet unique d'entrée pour gérer leurs déplacements professionnels.
Je crois que, pour comprendre l'évolution du rôle des agences de voyage, il faut bien comprendre leur métier. Le premier, le plus basique, reste le transactionnel qui devrait effectivement aller de plus en plus vers le on line. Nous savons que nous pourrons automatiser la plupart des demandes basiques de nos clients, même s'il faut rester prudent sur le besoin d'humaniser les front office qui doivent rester accessible aux clients. Le second métier que nous faisons, et non des moindres, c'est la gestion administrative et comptable de l'ensemble des demandes que nous gérons. Nous gérons de petits paiements à une multitude de fournisseurs et sur des systèmes différents. Cela n'a l'air de rien mais en entreprise, ce serait une activité forte, peu rentable et qui demande du personnel. J'ajouterais que nous jouons le rôle de banquier, ce qui est une réelle évolution de notre métier. Nous sommes également des conseils auprès de nos clients et au final des acheteurs avec l'obligation d'obtenir d'excellents prix pour nos propres clients. Toute cette chaîne s'intègre dans l'évolution professionnelle engagée.