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Bravo pour les vols écolos... mais alors quand annule-t-on les surcharges carburant ?


Il ne se passe plus une semaine sans que les compagnies aériennes du monde entier n'évoquent leur expérience de vol au biocarburant et précisent que les tests étant le plus souvent concluant, elles ne manqueront pas de développer ces vols verts dans les prochains mois. Voilà donc une excellente nouvelle pour les voyageurs d'affaires soucieux de protéger leur environnement.



Pour les acheteurs, l'analyse pourrait être totalement différente. Depuis quelques mois, les hausses "carburant" sont venues grever le prix moyen des billets d'avion et posent tout naturellement le problème des augmentations déguisées, souvent peu ou pas prévues dans les budgets annuels. On pourrait croire, à la lecture des communiqués triomphants émis par les compagnies aériennes qui utilisent du biocarburant, que les surcharges devraient rapidement disparaître compte tenu du fait que le mélange utilisé coûte en moyenne 15 à 25 % moins cher que le kérosène pur. Mais une bonne nouvelle ne va jamais sans le revers de la médaille !
Renseignements pris, tout cela n'est pas aussi simple que nous pouvons le penser. Première remarque émise par les fabricants de ce biocarburant : il n'est finalement pas aussi bon marché qu'espéré. Oui, c'est moins cher à produire que le pétrole car il n'y a pas de prospection chère et hasardeuse, mais c'est complexe à manipuler et à produire en quantité, d'où le coût. Certains producteurs affirment même que, compte tenu des phases de tests engagées, on ne peut encore parler de production économique et vont même plus loin en affirmant qu'un «biocarburant de qualité coûte cher à produire et a priori, il ne devrait pas faire baisser sensiblement la facture énergétique des transporteurs aériens». La facture de CO2, si. Encore qu'à ce sujet, les expériences sont optimistes mais ne sont pas terminées. De fait, si l'on peut parler de protection de l'environnement, on ne peut pas encore évoquer celle du portefeuille des acheteurs voyages. D'autant, et les compagnies le confirment, que le yo-yo «carburant» carbone est loin d'être inintéressant pour moduler certains tarifs à certaines périodes de l'année. Le carburant reste et restera pour longtemps un formidable moyen d'ajustement des prix, qu'il soit vert ou non.

Hélène Retout

Mardi 17 Avril 2012


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