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Lundi 27 Juin 2016

Brexit : les compagnies aériennes dans la tourmente, British et EasyJet en tête



La Bourse accuse le coup du Brexit et s’inquiète de l’avenir. Toutes les compagnies aériennes ont littéralement dévissé ce lundi en Bourse, avec une chute spectaculaire d’IAG, maison mère de British, de 22,53% et EasyJet qui s’est effondrée de - 22,3%. Les voyageurs d’affaires qui travaillent avec la Livre Sterling ont des cheveux à se faire.



Brexit : les compagnies aériennes dans la tourmente, British et EasyJet en tête
La décision prise par la Grande-Bretagne la semaine dernière par référendum de quitter l'Union européenne provoque un véritable séisme sur les places financières. L’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a terminé ce lundi en recul de 2,97% à 3.984,72 points, à son plus bas niveau depuis février à la clôture. L'indice parisien a perdu 10,775% depuis vendredi.

La livre sterling a cédé près de 4% face au dollar pour inscrire un nouveau plus bas depuis 1985 à 1,3122 dollar. Elle perd aussi 2,5% face à l'euro et plus de 3,5% contre le yen.

Toutes les valeurs du tourisme ont subi un choc. Le groupe Eurotunnel, très dépendant du cours de la livre, a chuté de 17% à 8,30 euros, plus forte baisse du SBF 120. Le groupe hôtelier Accor a perdu 9,27% et les valeurs du transport aérien ont pris le choc en pleine figure. Air France KLM a reculé de 6,76% à 5,517 euros mais ce n’est rien par rapport à IAG, maison mère de British Airways, qui a chuté de 22,53% ou d’EasyJet qui a reculé de 22,3%. Les deux compagnies ont d’ailleurs lancé un avertissement sur leurs résultats, prévenant l’une et l’autre qu’elles n’atteindraient pas leurs objectifs financiers, ce qui a amplifié les effets du Brexit.

EasyJet, en particulier, a publié un communiqué pour expliquer que "Les conditions opérationnelles pour toutes les compagnies aériennes européennes en mai et juin ont été extrêmement difficiles" en raison des annulations liées aux grèves mais aussi en raison "des problèmes de pistes et congestion de l'aéroport de Londres Gatwick, une météo difficile et des annulations induites" à travers le réseau EasyJet. Autant de raisons qui n'ont rien à voir avec le référendum mais le renforcent dans l'inquiétude.
Dans son avertissement, EasyJet souligne d'ailleurs que l’avenir se présente lui aussi difficile : "Suite au résultat du Référendum de l'Union européenne, nous nous attendons à une forte incertitude économique impactant la demande cet été" à laquelle s’ajoute d’autres événements comme "les fluctuations de prix du carburant et du taux de change devraient entrainer une augmentation de 25M£ de coûts additionnels cette année par rapport aux prévisions annoncées en milieu d’année".  

La compagnie réaffirme sa confiance dans son modèle et son réseau pour "maintenir une position forte sur le marché" mais les investisseurs s’inquiètent et lui font payer au prix fort le vote du Brexit.
L'Iata est inquiète de la situation. La décision des électeurs britanniques "crée une période de grande incertitude, financière mais pas seulement", a estimé Tony Tyler, le directeur général et CEO de l'organisation. En 2015, le trafic aérien entre le Royaume-Uni et l'Union européenne a représenté 107 millions de trajets passagers. "Les liaisons aériennes facilitent l'activité, créent de l'emploi et construisent la prospérité. Il est absolument critique que quelle que soit la nature de nouvelles relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, elles soient en mesure de continuer à garantir l'intérêt commun en matière de sécurité, d'efficacité et de pérennité de la connectivité aérienne", a expliqué le patron de l'IATA.
Les premières analyses laissent craindre une baisse de 3 à 5% des passagers aériens britannique d'ici 2020, à cause du ralentissement économique programmé et de la baisse de la livre sterling. L'impact de court terme sur le marché du fret aérien britannique est moins évident à cerner, "mais le secteur sera nécessairement affecté à long terme", reconnait Iata. L'un des principaux enjeux identifiés par l'IATA est celui de la régulation, car les Britanniques auront le choix de demeurer sur le marché unique européen de l'aviation, ou de fixer à nouveau leurs propres règles.