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Code share : dis moi où tu vas mais je ne te dirais pas avec quelle compagnie


A priori, la notion de code share est appréciable. Elle permet à une compagnie d'élargir son volume de destinations ou du moins d'offrir plus de vols sur des destinations souvent très demandées. On le voit sur les vols transatlantiques où les codes croisés sont si nombreux que l'on ne sait plus très bien avec qui on vole. En fait je suis un peu malhonnête en écrivant cela car les compagnies ont le devoir de préciser qui sera le transporteur pour le vol acheté. Mais toutes ne le font qu'au dernier moment et dans certains cas... Le produit est loin d'être identique d'une compagnie à l'autre.



En exagérant ma malhonnêteté, je dirais que pour l'acheteur de voyages, ce n'est pas si grave car ce n'est pas lui qui prendra l'avion au jour et à l'heure dite. Qu'importe si la Premium n'existe pas où si les services sont absents. C'est la loi du transport aérien. Mais voilà, on peut comprendre la fureur et la colère des voyageurs qui se retrouvent devant le fait accompli. Payer pour un niveau de qualité que l'on n'aura pas. Ca énerve ! Si je m'acharne sur le code share, c'est que deux députés européens libéraux veulent encore aller plus loin. Au delà de l'obligation d'information, ils veulent remettre au goût du jour les billets "full open" qui permettent de voyager sur n'importe quelle compagnie en fonction de la disponibilité et des horaires. Une sorte de billet super flexible, plus cher que les autres, mais tellement "ouvert" que prendre l'avion ressemblera à un voyage en métro. L'odeur en moins. L'idée n'est pas si stupide même si, en y regardant de plus près, c'est un peu ce que proposent les alliances avec leur offre commerciale destinée aux entreprises. Un peu seulement car il y a quelques restrictions quand même. Dans le fond, considérer que l'avion est ouvert à tous les utilisateurs au delà du simple nom de la compagnie choisie est loin d'être ridicule et permettrait à certains transporteurs de gagner (enfin) un peu d'argent. Certes, il faudrait s'intéresser à la péréquation financière qui garantirait le reversement du prix payé (du moins en partie) et se demander si les compagnies apprécieraient d'être traitées de la sorte. Cette vision proche de celle des "kibboutz" à leur création nous fait replonger dans cette vision humaniste des révolutionnaires de la fin du 19ème siècle. L'aérien deviendrait comme le disait le Che "l'outil de tous, pour tous et par tous". Remarquez, Ryanair voulait nous faire voler debout. On y arrive lentement, Camarades.

Marcel Lévy

Lundi 28 Novembre 2011


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