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Crash, retards, aéroport bloqués, conflits… Les grandes peurs du voyageur d'affaires




L'étude n'a rien de scientifique et ne veut en aucun cas servir de base à une quelconque analyse macro-économique dans l'univers des déplacements professionnels. Réalisé par l'Université de Tokyo, auprès de 15 000 voyageurs interrogés à l'aéroport japonais de Narita, le sondage avait pour seul but de mesurer et de comprendre les craintes que pouvaient rencontrer des voyageurs loin de chez eux. Derrière le questionnement, le laboratoire des sciences humaines voulait comprendre, ou du moins apprendre, à quoi pouvaient ressembler les angoisses permanentes des voyageurs.

On ne sera pas étonné de lire que la crainte d'un crash aérien est l'une des toutes premières peur qui anime le voyageur au moment de quitter son domicile. «Vais-je revenir ?», est la question que se posent secrètement celles et ceux qui vont prendre l'avion pour un assez long de déplacements. «Que va-t-il se passer pour ma famille si je devais mourir dans un crash d'avion ?», est l’autre interrogation qui suit tout naturellement et qui, sans forcément se l'avouer, est dans l'esprit de tous les voyageurs en charge d’une famille. L'étude rapporte également que le pragmatisme n'est pas forcément de mise dans une telle situation de peur. Moins de 30 % des personnes interrogées évoquent une assurance-vie ou un contrat financier qui mettra les proches à l’abri. Et 12% se disent qu’il faudra penser à souscrire une telle garantie tout en avouant qu’ils ne le font pas à leur retour.
Le très classique «Suis-je suffisamment assuré ?» n'effleure que très peu de personnes interrogées. Sans doute rejettent t-elles sur l’entreprise le soin de dédommager leurs proches. Autre peur : le manque d'argent en cas de crise. À plus de 10 000 km de chez soi, le voyageur se demande «ce qu’il ferait s’il se retrouvait bloqué suite à une catastrophe naturelle». Cette angoisse de la solitude, associée à l'incapacité d'agir en cas de crise grave, est une peur aussi importante que le crash aérien. Avec le développement des attentats terroristes, l'idée de se retrouver au milieu d'une opération conflictuelle est désormais très présente. Pour autant, deux camps sont très marqués. Le premier est persuadé que «ça n'arrive qu'aux autres» et se soucie peu de l'environnement sécuritaire de son voyage. Le second, plus sensibilisé, fera attention à ce qui l'entoure au risque parfois d'une petite paranoïa permanente. De fait, les conflits, les bombes, les attentats et tout ce qui rend le monde violent sont présent dans l’esprit de plus de 80 % des voyageurs.
Heureusement, si ces angoisses latentes sont fortement présentes dans l'esprit de chacun, rares sont ceux qui pensent qu'ils pourraient ne pas revenir d'un voyage d'affaires. Si tous sont conscients que le danger est permanent, peu le voit à chaque coin de rue. Et c'est tant mieux pour la qualité globale du voyage. Impensable de vivre la peur au ventre dès que l’on accepte de quitter son petit chez soi. La situation serait intenable.

Hélène Retout

Mercredi 17 Février 2010


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