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De l’utilité des banques de données pour les voyageurs d’affaires


S’enregistrer, encore et toujours, sur des bases de données procure bien souvent aux voyageurs d’affaires le sentiment désagréable d’être pistés et suivis. Mais l’enquête liée à la disparition du vol de Malaysia Airlines met au jour des trafics qui, d’évidence, ne peuvent qu’engager les uns et les autres à se faire connaître.



Pas moins de 40 000 documents d’identité disparaissent tous les ans. Près de 60 % d’entre eux finissent dans une poubelle après un vol de sac ou de mallette. Mais deux passeports volés utilisés pour embarquer, et voilà la piste terroriste évoquée pour essayer de comprendre la disparition brutale du vol MH 370. Aujourd’hui cette piste s’éloigne et Interpol ne peut que s’indigner de voir sa propre base de données ignorée par la plupart des autorités nationales au moment de l’embarquement à bord.

Mais comment faire autrement ? Avec plus d’un milliard de touristes par an, le monde bouge plus vite que le temps matériel des consultations ! Imagine-t-on qu’Aéroport de Paris passe à la moulinette les passeports des plus de 90 millions de passagers qui ont fréquenté Orly et Roissy en 2013 ? C'est bien parce qu'elle n'arrive pas à traiter tous les passagers que la plateforme de Mumbai a décidé aujourd'hui même de simplifier les contrôles...

Il reste que la multiplication des passeports volés ou trafiqués impose bel et bien la vigilance. Il s’agissait dans le cas du vol de Malaysia Airlines, manifestement, de simples immigrés clandestins qui voulaient tenter leur chance en Europe. Dans d’autres cas, le passeport falsifié pourrait effectivement servir à des terroristes.

Les USA tentent de se préserver en demandant d’avance aux compagnies les infos sur tous leurs passagers. Ils espèrent ainsi limiter les risques, ce qui n’a pas empêché un Britannique ou un Nigérian de vouloir faire exploser leurs chaussures. Mais en a peut-être dissuadé d’apprentis kamikazes à s’y risquer. Difficile à savoir. D’autant plus que les USA possède leur propre base de données et se méfient de celles existantes en Europe.

Pour que les voyageurs d’affaires puissent embarquer dans des avions en toute sécurité, sans passer des heures dans des contrôles de sécurité, quelle solution ? A part s’inscrire sur des listes restreintes de passagers « de confiance », hautement sécurisées. C’est la solution actuellement adoptée par les Etats-Unis. En Europe, on en est loin. Le projet existe mais il ne devrait pas voir le jour avant 4 ou 5 ans.

Au nom de la protection de la vie privée, le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme a aujourd’hui le plus grand mal à faire accepter un partage des données des passagers. Un mal nécessaire ? En attendant, les contrôles restent aléatoires et manuels. Le fait est qu’ils ne prouvent pas leur efficacité.

Annie Fave

Mardi 11 Mars 2014


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