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Dimanche 29 Janvier 2017

Décret immigration Trump : week-end chaotique pour l'aérien et la Silicon Valley



Le décret anti-immigration signé par Donald Trump le 27 janvier 2017 fait des vagues. Interdisant l'entrée des USA aux ressortissants de 7 pays majoritairement musulmans (Irak, Iran, Yémen, Libye, Syrie, Soudan et Somalie), il a provoqué des manifestations dans les aéroports américains ou encore le refoulement de passagers aux douanes ou à l'embarquement ce week-end. Le monde de l'aérien n'est pas le seul à devoir jongler avec ce texte. La mesure est également mal vue par la Silicon Valley.



Week-end difficile pour les compagnies aériennes et les PDG de start-up à cause du décret de Trump
Week-end difficile pour les compagnies aériennes et les PDG de start-up à cause du décret de Trump
Les répercussions du décret anti immigration de Donald Trump se sont fait sentir dans le monde entier de l’aérien, bouleversant dès samedi les mouvements des compagnies. Air France a ainsi du refuser l'accès à ses avions à une quinzaine de passagers en provenance des pays visés par le décret. Le transporteur français explique "Comme toutes les compagnies aériennes, Air France est tenue de se conformer aux exigences d'entrée sur leur territoire des pays qu’elle dessert et n’est à ce titre pas autorisée à embarquer, en connaissance de cause, des passagers pour une destination dont l’accès leur est interdit. En procédant de la sorte, Air France ne fait que se conformer aux règles internationales qui régissent le transport aérien, qu’elle est tenue de respecter"

La compagnie française ajoute qu'elle "n’a pas d’autre préoccupation que de protéger ses clients, y compris des conséquences éventuelles d’une arrivée dans un pays dont l’accès leur est interdit, et de limiter autant que possible les désagréments que leur cause la décision des autorités américaines". Des dispositifs ont été mis en place afin d’informer en amont les passagers concernés et d’aider ceux qui le souhaitent à rejoindre leur destination de départ.

Air France n'est pas la seule à avoir suivi les consignes au cours de ce week-end. KLM, Swiss, Austrian Airlines, EgyptAir ont indiqué avoir fait de même, malgré la suspension de l'arrêt par la justice américaine. Iata a d'ailleurs rappelé dans un mail aux compagnies aériennes que les équipages étaient également concernés par les dispositions Trump, invitant les transporteurs à la vigilance pour éviter des mésaventures désagréables à leurs salariés originaires des 7 pays concernés.

La Maison Blanche a précisé samedi que tous les ressortissants des 7 pays, même titulaires d'une double nationalité ou citoyens d'un autre pays sont concernés s'ils sont nés dans l'un de ceux-ci. A noter, si vous devez faire un rappel à vos salariés, que l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Liban ou l'Afghanistan, dont étaient issus les terroristes du 11-Septembre et d'attaques postérieures, ne figurent pas sur la liste.

En outre, plusieurs aéroports américains ont été le théâtre de manifestations d'opposants au décret contre l'immigration.

Google rappelle ses voyageurs d'affaires en urgence
En apprenant la signature du décret, Sundar Pichai, CEO de Google, a envoyé un message à ses employés immigrés partie à l'étranger en voyage d'affaires ou en vacances "Revenez immédiatement aux USA !". Il craint en effet que ses talents étrangers se voient refouler aux frontières à leur retour.

Précisant qu'une centaine d'employés sont originaires des pays visés par le décret, le boss du site a dit à Bloomberg "Il est pénible de voir ce que représente cette décision pour nos collègues et les conséquences qu’elle peut avoir".

Et dans la Silicon Valley où le talent prime sur les origines, il n'est pas le seul à s'opposer au texte. Microsoft avait prévenu dès le jeudi que le projet du nouveau gouvernement américain allait mettre les équipes R&D et le recrutement des start-up américaines en difficulté.

Dans une note obtenue par l'AFP, Tim Cook, PDG d’Apple, écrit de son côté "Apple n'existerait pas sans l'immigration" tandis que Reed Hastings, patron de Netflix, indique sur Facebook: "Il est temps de joindre les mains pour protéger les valeurs américaines de liberté et d'opportunité", ajoutant que "Les mesures de Trump affectent les employés de Netflix à travers le monde".

Également opposé à cette mesure, Brian Chesky, cofondateur et PDG d’Airbnb, s'est montré encore plus militant. Il a annoncé sur Twitter que son entreprise logera gratuitement toutes les personnes bloquées à l’étranger à cause du nouveau décret américain sur l'immigration.