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Des chiffres et peu de lettres




Rien n’est plus juste mais aussi fantaisiste que les chiffres lorsque, parfois poussés à l’absurde, ils doivent résumer une situation difficile. Pour illustrer ce propos, prenons celui que publie la NBTA (National Business Travel Association) pour soutenir, dans une lettre ouverte, deux sénateurs américains dans leur lutte pour la refonte du système des slots aériens: 2 millions d’heures de travail sont perdues tous les mois en raison de la désorganisation du trafic aérien. Un chiffre que l’on peut multiplier par 20 si l’on aborde le problème au niveau mondial.

Au début des années 2000, juste avant le 11 septembre, les professionnels de l’aviation civile affirmaient que la technologie allait permettre d’optimiser sensiblement le temps consacré aux formalités d’enregistrement et d’embarquement. Deux tours plus loin, et avec le renforcement de la sécurité, il n’est pas rare qu’un avion soit retardé le temps de regrouper les passagers. Pire, pour satisfaire aux correspondances, toutes les compagnies s’autorisent aujourd’hui un temps d’attente au sol. Le client est trop rare pour le perdre en route. Si bien que les temps ne sont pas raccourcis, ils ont été allongés.
Toutes ces petites perturbations, sans conséquence à la base, ne seraient rien si elles ne venaient pénaliser l’ensemble de la chaîne. Et provoquer les heures de travail perdues. Et la NBTA de préciser que "Ces heures de travail sont gaspillées faute d’une réflexion poussée sur l’évolution du trafic aérien et la montée en puissance des échanges internationaux ". L’attaque n’est pas nouvelle. Mais personne ne veut concrètement mettre les mains dans le « machin »… Pour rester poli.
Le « slot market », le marché aux slots aériens (c'est-à-dire les créneaux d’atterrissage et de décollage) disponibles dans les aéroports se base sur les règles internationales de sécurité et les petits arrangements entre amis. Tous les pays cherchent d’abord à favoriser leurs alliances avant de penser au bien être de tous. Heureusement que les décalages horaires sont respectés et qu’ils restent encore à la base de toute création de nouvelle ligne. On imagine sinon les conséquences !

Alors, à quoi bon ce coup de gueule ? Sans doute pour rappeler que ce sont les entreprises qui font le gros du voyage quotidien et que leur temps est tout aussi précieux que celui des compagnies aériennes. Peut être aussi pour rappeler qu’à l’époque de l’informatique, on pourrait numériser tous ces échanges pour mieux les optimiser. Enfin, pour dire et à voix haute le ras le bol des voyageurs. Parfois, ça fait aussi du bien.

Marcel Levy

Mardi 29 Septembre 2009


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