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Des hausses déguisées ?




Depuis quelques semaines, le prix du pétrole baisse. Sous la barre des 50$ aujourd’hui avec des prévisions qui annoncent un prix encore bas pour les mois à venir. Si l’effet Obama, annoncé par les économistes, est attendu dans l’univers des cours pétroliers, force est de constater que les compagnies aujourd’hui soufflent un peu et se refont une (petite) santé. Pas de quoi crier au miracle, mais bon, c’est toujours bien à prendre. Reste que pour les voyageurs, les baisses des surcharges sont plus lentes à se répercuter que les hausses du prix du pétrole.

Ne demandez pas à un patron de compagnie aérienne de vous expliquer le miracle des baisses moins fortes que les hausses, vous risquez de ne rien comprendre. Couvertures diverses et variées, risques, âge de la crémière et autres incongruités émaillent le discours. Vous allez être noyé au bout de quelques minutes ! Certes, les engagements pris sur des tarifs élevés sont aujourd’hui à honorer même si le marché quotidien est en baisse constante. Les notions de «couverture» et de «réassurance» sont loin d’être de simples arguments. La sécurité se paye… Même si le pétrole baisse. Mais plus prosaïquement, face à un trafic en baisse, il faut bien réussir à compenser les hausses tarifaires par d’autres artifices. A croire que le pétrole fait partie de ceux là ! Toutes les compagnies européennes ont compris l’intérêt de cette surcharge. D’autant que, avec la parité euro/dollar pour payer le pétrole, l’économie actuellement réalisée est l’une des plus importantes de ces deux dernières années. Un paradoxe. Aussi, les quelques euros ainsi grappillés peuvent ils venir conforter une trésorerie dangereusement faible et financer les achats d’appareils de demain. Justement ce à quoi servent les augmentations tarifaires que nous avons connues dans le temps.
Il reste que ce pétrole pas cher ne résout pas le problème de la crise du transport aérien. Trop de compagnies, trop de lignes et surtout des revenus par siège en baisse constante en raison d’une concurrence acharnée. L’avenir reste sombre. Pour les experts américains, après 2001 et l’effondrement des compagnies, cette nouvelle crise va permettre d’assainir le marché et faire en sorte d’expliquer aux clients que le bon marché coûte cher. Ce que les entreprises savent déjà.

Marcel Levy

Mercredi 3 Décembre 2008


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