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Des voyageurs d’affaires victimes du terrorisme à Ouagadougou


Partis le 5 janvier pour travailler sur des engins de levage à Ouagadougou, Eddie Touati, Arnaud Cazier et Antonio Basto devaient reprendre l’avion ce dimanche soir pour rentrer en France. Victimes du terrorisme, ils ne reviendront pas de leur déplacement professionnel.



© Sputniktilt
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On l’oublie trop souvent, le voyage d’affaires ne concerne pas que les négociateurs ou commerciaux chargés d’aller signer des contrats, ce sont aussi bien souvent des techniciens qui partent sur des chantiers. Leur savoir-faire, bien spécifique, les amène à parcourir le monde, en mission pour leur entreprise. Eddie Touati, 54 ans, Arnaud Cazier, 41 ans, et Antonio Basto, 52 ans, étaient ainsi au Burkina Faso pour leur employeur, la société Scales de Saint-Ouen-l'Aumône. Vendredi soir, la mission presque terminée, ils avaient décidé de faire ensemble un bon repas. C’est leur restaurant, le Cappucino, fréquenté par des expatriés, qui a été comme l’hôtel Splendid visé par les terroristes du groupe Al-Qaïda au Maghreb. Il y a aussi beaucoup d’humanitaires parmi les victimes, visées précisément parce qu’il s’agissait d’occidentaux.

Nos pensées vont bien sûr à ces victimes et à leurs familles. Ils ne sont pas morts parce qu’ils étaient des guerriers engagés dans une bataille mais plus simplement parce qu’ils venaient gagner leur vie, croyant à la liberté d’agir et de travailler dans un monde ouvert, fait d’échanges, de rencontres. Aucun esprit de conquête, seulement celui d’entreprendre. Les terroristes, aveugles à toute humanité, s’en sont pris justement à cette liberté d’aller et venir sur une planète à l’économie mondialisée. Faut-il pour autant renoncer aux déplacements professionnels, à notre mode de vie et à notre vision internationale des relations économiques ? Même si ce serait faire le jeu des terroristes, c’est à chacun de répondre à cette question. Mais nul doute que les entreprises, une fois de plus, devront veiller à la sécurité de leurs collaborateurs, où qu’ils aillent dans le monde. Pour que les Eddie, Arnaud et Antonio puissent revenir de leur déplacement professionnel, auprès de leurs collègues et de leur famille.

Annie Fave

Dimanche 17 Janvier 2016


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1.Posté par Véronique D. le 18/01/2016 19:15
Le Burkina Faso n'était pas sur la liste des pays à risques pour peu que l'on reste dans les grandes villes. Plus que jamais les voyageurs d'affaires sont des cibles potentielles. Leur recommander de rester dans leur hôtel ? Après Bamako et Ouaga, ce n'est manifestement plus la solution. Il y a de quoi s'arracher les cheveux pour les TM...