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Dubreuil (Air Caraïbes) renonce à Corsair, pourquoi ?


Surprise ce 5 mars avec l’annonce par Corsair de l’abandon du projet de rachat de la compagnie de TUI par le groupe Dubreuil. Officiellement, aucune explication n’a été fournie par les deux parties. Officieusement, les commentaires vont bon train et les hypothèses aussi !



© Timo Breidenstein
© Timo Breidenstein
Assez sec, le communiqué de Corsair publié ce jeudi matin annonce que le groupe Dubreuil renonce à acquérir Corsair, mais ne dit pas un mot de plus. Alors pourquoi la rupture? "Corsair aurait-elle embelli la mariée pour mieux la vendre ? Ce n’est pas impossible !", glisse ainsi en souriant un connaisseur du dossier qui s’étonne pourtant de la précipitation qui avait été apportée à l’annonce de cet accord. Fallait-il y voir la grande satisfaction du groupe allemand TUI d’avoir réussi à vendre une compagnie dont les résultats, ces dernières années, étaient loin d’être satisfaisants? C’est ce que pense notre spécialiste qui souligne que "Corsair a sensiblement amélioré ses résultats financiers ces derniers mois mais ne dispose pas d’une visibilité suffisante pour considérer qu’il s’agit là d’un retour durable aux bénéfices".

Autre explication possible: la place des pilotes de 747 dans un groupe qui avait clairement annoncé son intention d'uniformiser la flotte et d'écarter ces modèles d'avion. Compte-tenu des accords syndicaux internes, les indemnités à verser auraient pu être importantes. Dans un climat social globalement hostile, cet élément jouait le rôle de la cerise sur le gateau.

Par ailleurs, quid des aides éventuellement apportées par TUI à Corsair? Pouvaient-elles entrer dans le cadre fixé par l'Europe? Bref, beaucoup de questions que les premières négociations avaient du aborder.

Officiellement, pas un commentaire chez Air France, directement concerné par ce rapprochement d'Air Caraïbes et Corsair sur la desserte des Antilles. "On peut cependant craindre qu’il ne s’agit là que d’une victoire syndicale de courte durée. La situation de la compagnie, au sein d’un tour-opérateur dont les résultats français ne sont pas aussi exceptionnels que souhaité, ne lui permet pas beaucoup de fantaisies", remarque ce cadre d’Air France qui se réjouit de cette situation: "La bataille des prix qu’aurait déclenché ce rapprochement sur les Antilles n’aura pas lieu et sur les liaisons africaines, Corsair n’est pas le concurrent le plus dangereux". Et notre interlocuteur de conclure, "la faible présence de Corsair sur l'univers du Corporate Travel fragilise son développement sur des plateformes africaines ou le voyage ethnique n'a jamais assuré la rentabilité d'une compagnie".

De fait, à la direction du groupe TUI, beaucoup sont persuadés que Corsair est «une verrue qui pèse sur les résultats ». D’autant plus que la vision d’une gestion intégrée de la chaine du voyage, chère aux anglo-saxons dans les années 90, montre aujourd’hui ses limites. Pour un tour opérateur, affréter coûte moins cher que d’opérer soi-même une flotte. Mais là encore, ce qui se dit tout bas n’est pas la vérité officielle. Bien malin qui saura démêler le vrai du faux.