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Equipez vite vos voyageurs d'affaires d'un bermuda et d'une chemise à fleurs


Il y a des paradoxes souvent difficiles à comprendre dans la stratégie des compagnies low cost. D'un côté les prix bas ne leur permettent pas forcément de s'en tirer sans aller "piquer du pognon" aux autorités politiques régionales... Et de l'autre, en échange, elles se contentent d'ouvrir à tire larigot des dizaines de ligne estivales pour plaire au monde du loisir qui, globalement, traverse une crise sans précédent !



On pourrait naturellement en tirer deux conclusions. La première, c'est qu'il est préférable d'équiper son voyageur d'affaires d'un bermuda et d'une chemise à fleur. Il pourra se fondre sans souci dans la horde des vacanciers blanchâtres qui se dirigent vers le soleil. D'autant que, face aux attentes de best buy de vos directions financières, vous êtes dans le vrai. Mais, autre constat, rien n'est pire pour le moral que de partir travailler quand l'avion sent la crème solaire et que les seuls bagages à main sont des bouées ou des pelles et des seaux. Ajoutons que l'on peut partir confiant avec Ryanair ou Wizz Air et rentrer en bus car la ligne s'est arrêté la veille. Et oui, même l'été à une fin !

Bref, vous l'aurez compris dans cette démonstration poussée à l'absurde, la réactivité aérienne à de beaux jours devant elle. Et justement, cette capacité à se placer rapidement sur les marchés intéresse bougrement Air France. Alexandre de Juniac ne l'a pas caché "Il ne faut pas six mois pour s'adapter à une demande la clientèle. 15 jours devraient suffire". D'autant que pendant les six mois de réflexion... Les concurrents auront pris le marché. Cette analyse de la situation, les compagnies européennes qui s'ouvrent au low cost viennent enfin d'en percevoir les contours. La première à avoir saisi ce besoin de rapidité, c'est Turkish Airlines qui sait placer très vite un avion quand la demande se fait sentir. Aux Etats-Unis ou au Canada, Porter ou JetBlue viennent aussi de s'engouffrer dans la réactivité à court terme entrainant US Airways qui se dit prête désormais à agir très vite pour répondre aux besoins grandissants du client.

Mais il y a un revers à cette médaille. Dès que les premiers frémissements du désintérêt commercial se font sentir... L'avion part ailleurs. Sur une autre ligne plus rentable. Et pour le voyageur d'affaires, il n'y a rien de pire que ces changements permanents. Sauf si, persuadé que le business se fait au soleil, il ne décide de ne travailler qu'à Marbella, Tenerife, Séville, Fès, Marrakech, Agadir....

Pierre Barre

Mercredi 16 Janvier 2013


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