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Est-il dangereux de faire voyager ses salariés en Chine ?


Après les alertes à la pollution de Pékin, celles plus récentes et très nombreuses à Shanghai, la mésaventure vécue hier lundi 11 juin à Wuhan, ville industrielle de plus de 6 millions d'habitants, pose à nouveau le problème de la sécurité sanitaire des voyageurs d'affaires. Wuhan s'est retrouvé plongée dans un épais nuage jaunâtre que les autorités locales ont immédiatement attribué à des feux de paille et ce, malgré une odeur particulière qui a fait croire, un instant, à une explosion dans un gigantesque pôle chimique en périphérie de cette capitale du Hubei.



Selon quelques observateurs européens sur place, l'odeur tenait plus d'un produit chimique que d'un classique feu de paille. Si le bureau de protection et de l'environnement chinois a immédiatement rejeté l'idée d'une pollution chimique, beaucoup d'entreprises européennes se demandent aujourd'hui quels sont les risques potentiels que courent les salariés en déplacement professionnel voir, à plus long terme, les expatriés. Le phénomène amiante, vécu en Europe, est encore dans tous les esprits. D'autant que la Chine a toujours refusé d'engager des mesures de protection de l'environnement qui serait pénalisantes pour son industrie. Depuis deux ans, plusieurs associations de défense de l'environnement n'ont pas caché que les risques de pollution étaient très largement supérieurs dans les grandes villes industrielles du pays, en raison précisément d'une absence quasi totale de mesures d'accompagnement pour protéger les populations. La Chine s'est toujours refusée à considérer la pollution comme un problème important. Selon des personnels européens, installés à Wuhan depuis une vingtaine d'années, il est clair aujourd'hui que les chinois ont toujours très largement sous-estimé les risques potentiels des accidents écologiques, préférant évoquer soit des travaux agricoles soit des phénomènes météorologiques rares. Quoi qu'il en soit, et si l'on se fie aux seuls droits du travail français, il est clair que la responsabilité sociale de l'entreprise pourrait être engagée si l'un de ses salariés était victime, aujourd'hui ou à plus long terme, d'un accident écologique qui aurait des répercutions sur sa santé. Pékin n'a jamais souhaité communiquer avec les ambassades occidentales sur les mesures de sécurité mises en place en cas d'accident écologique grave. Voilà bien une nouvelle menace à prendre en compte aujourd'hui pour ses voyageurs.

Marc Dandreau

Lundi 11 Juin 2012


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