Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels


Et pourquoi ne pas faire du Ryanair ou de l'Emirates ? La solution est-elle là ?




Si l'on en croit les spécialistes de l'économie, un business modèle qui marche est généralement applicable à l'ensemble des entreprises du domaine concerné. Toujours selon les théories marketing, un système commercial qui se développe fait appel à des règles simples, faciles à dupliquer et à adapter. Exactement ce que vient de dire Warren Buffet, le troisième homme le plus riche de la planète, connu pour ses idées sociales et ses critiques à l'emporte pièce. Il vient de livrer ses observations sur le transport aérien. Sans état d'âme, il pense que le poids du passé empêchera les compagnies au passé très fort, américaines ou européennes, de se développer.

A en croire le milliardaire, on assiste aujourd'hui à l'émergence de nouveaux modèles, éloignés de ceux qui ont été appliqués pendant des années, avec une réactivité instantanée. En clair, Air France ou British Airways devraient se saborder pour mieux renaître de leurs cendres. Mais c'est l'analyse des réussites qui passionne le spécialiste de l'économie. Dans le Washington Post, il n'hésite pas à dire que "Les modèles low cost qui ont démontré leur efficacité se doivent de devenir la règle dans le transport aérien de moins de trois heures", et de préciser que "Les exemples de certaines compagnies longs courriers à bas prix démontrent que l'on peut exploiter des avions à des coûts inférieurs que ceux des compagnies dites traditionnelles". En fait, selon lui, le problème c'est souvent le poids de l'histoire qui pèse sur les coûts sociaux et empêche l'innovation. Le chantre du libéralisme, même si ses idées sont également humanitaires, considère la concurrence comme un émulateur essentiel au développement des affaires. Coup de massue final du spécialiste "Lorsque le développement repose sur de l'innovation technologique, il ne peut y avoir d'avenir sans ambition. Souvenez vous de TWA... Aujourd'hui, elle n'existe plus". Autant d'arguments en faveur de Ryanair ou d'Emirates, quelle que soit l'idée que l'on se fait de ces compagnies.

Autre exemple en faveur du renouveau: la négociation qui s'engage aujourd'hui pour l'attribution de droits de trafic supplémentaires dans le Golfe. Les discussions, sur fond d'achat d'Airbus, pourraient permettre à Emirates de décrocher au moins une troisième fréquence quotidienne à Paris, et éventuellement quelques autorisations de décollage de province. A une époque où la crise règne en maître sur le moral des entrepreneurs, la compagnie émiratie poursuit en effet sans cesse sa marche en avant. Dans la droite ligne de l'ambition économique prônée par Warren Buffett. Et loin de l'attentisme des vieilles dames européennes du transport aérien. Air France a renoncé à une partie de ses vols sur Dubaï.

Marc Dandreau

Lundi 14 Juin 2010


Notez


1.Posté par Jean-Luc GRILLET Directeur Général d'Emirates le 16/06/2010 08:57
Bonjour,
J'ai lu avec attention votre éditorial et souhaitais rajouter un commentaire.
Depuis plusieurs années, la compagnie Air France recherche en permanence des bouc-emissaires pour expliquer ses déconvenues: une fois c'est le TGV, une autre fois les low-costs, parfois Emirates, maintenant le volcan ainsi que ses couvertures carburant! En gros ce n'est jamais la faute d'Air France...
Je suis persuadé que le meilleur moyen de commencer à se réformer consiste tout d'abord à analyser ses erreurs et ses faiblesses et à les reconnaitre! Le fait de toujours rejeter la faute sur l'autre tient plutôt du négationnisme...