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Et si la SNCF se contentait de faire rouler des trains ?


Je sais qu'en évoquant des sujets comme le train low cost ou les bus mis en place par la SNCF, je m'éloigne lentement mais sûrement des problématiques du voyage d'affaires. Il reste qu'en multipliant les formules de déplacements, la compagnie ferroviaire se disperse et brouille son image. Au détriment des voyageurs d'affaires.



Voilà donc qu'en ce 23 janvier, la SNCF annonce - dans le cadre du développement de son offre d'autocar IDBUS à haut niveau de services - l'ouverture des ventes de la liaison Paris - Lyon. Dans quelques semaines, elle va également présenter les tarifs de OUIGO, le TGV low cost qui ira lui aussi en direction de Lyon, mais également vers Marseille et Montpellier. Que dire de ces investissements dont la rentabilité ne sera pas forcément immédiate, et qui viendront peser sur la disponibilité financière de l'entreprise publique qui doit déjà gérer le dossier RFF et son découvert ou encore l'optimisation du fret ? On aurait pu ironiser en proposant à la vieille dame d'étudier la même liaison en patins à roulettes ou en tonneau à voile, pourquoi pas en montgolfière ou en ULM. J'attendrai le 1er avril pour faire de telles supputations. Et encore, avec la SNCF on ne sait jamais s'il n'y aura pas une part de vérité dans mes assertions loufoques. Plus sérieusement, je reste persuadé, comme beaucoup, que le bus est une alternative intéressante à des trains aujourd'hui peu fréquentés dans des régions isolées. Le bus comme moyen de désenclavement est sans aucun doute un atout fort que d'autres pays, comme les États-Unis ont déployé au fil des ans pour couvrir plus de 98 % du territoire américain. Mais faut-il aussi se disperser à vouloir concurrencer les bus privés et le covoiturage dans les loisirs ? Qui trop embrasse mal étreint, disait ma grand-mère...

Si j'évoque le sujet, c'est que je crois que l'offre professionnelle, en évolution permanente il est vrai, peut encore s'enrichir de meilleurs services. On sait le coût d'implantation du Wifi à bord des TGV, mais cette offre est souvent jugée comme indispensable par les voyageurs. Pourquoi ne pas avoir privilégié cette technologie et... oublié les IDBUS ? Sur une liaison comme Paris - Marseille, fortement empruntée par les voyageurs d'affaires, ce WIFI aurait été le bienvenu. Et potentiellement rentable. Au-delà, les investissements nouveaux suscités par les activités complémentaires de la SNCF apparaissent pour beaucoup de voyageurs d'affaires, et leurs entreprises, comme des dépenses peu ou pas utiles. On se demande si les liaisons low cost par autocar n'auraient pas pu permettre le déploiement de lignes transversales, très attendues dans certaines régions. Il ne nous appartient pas de jeter la pierre à la SNCF pour les choix qu'elle met en œuvre. Mais proposer trois possibilités de déplacement sur le même axe, Paris - Lyon, étonne. N'y avait-il pas d'autre réflexion plus poussée à engager pour poursuivre la création de lignes attendues, le développement technologique à bord voir plus simplement l'augmentation des fréquences et des arrêts ? Innover est une qualité d'entreprise mais savoir développer les acquis est une noble ambition...

Pierre Barre

Mercredi 23 Janvier 2013


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