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Et si la fatigue des pilotes expliquait bien des accidents d'avion ?




Ce n'est pas la première fois que l'on évoque la fatigue des pilotes de ligne comme potentiellement responsable des accidents d'avion. Le bureau de la sécurité des transports canadiens considère que cette fatigue serait, au Canada, responsable d'au moins 12 accidents ces 10 dernières années. Dans le monde, tous les syndicats de pilotes demandent aujourd’hui une refonte de la réglementation qui encadre le temps de pilotage et de repos au sol.

En Europe, le problème est loin d'être pris à la légère et quelques initiatives pour mieux comprendre cette fatigue du pilote ont déjà été prises. D'après les experts scientifiques, le surmenage est un facteur contributif dans 15 à 20 % des accidents aériens principalement dus aux erreurs humaines. Il est évident que les pilotes ne peuvent exercer leurs tâches en toute sécurité que si leur vigilance n'est pas affectée, surtout lors de situations critiques. Selon des études indépendantes, menée à la demande de la Communauté européenne, il faut distinguer trois cas bien précis en matière de pilotage: les départs très tôt le matin associés à des retours tardifs, les vols de nuit sur de très longues distances et enfin les vols à répétition dans des conditions climatiques difficiles. A chaque fois, le stress érode la machine humaine.
Une fois le problème cerné, comment le régler ? On ne peut pas, bien évidemment, déterminer à chaque vol si le pilote possède les qualités physiques pour le réaliser. Les pilotes eux-mêmes ne veulent pas de ce type de contrôle permanent qui serait pesant et n'engendrerait que des conflits avec celles ou ceux en charge de ce suivi. Pour le Syndicat National des Pilotes de Ligne, les règles de limitations de temps de vol sont en effet un des piliers de la sécurité des vols. Ce à quoi les compagnies rétorquent que les temps de vols en France sont déjà inférieurs, en moyenne annualisée, à ceux des compagnies nord-américaines. La quadrature du cercle.
Il est évident que les passagers auront leur mot à dire en matière de sécurité des vols, et a défaut de s'exprimer directement, ce sont leurs représentants - parlementaires européens par exemple - qui devront se saisir de la question. En tous cas et pour plagier ce que disait Poincaré des militaires pendant la grande guerre, on se rend vite compte que « le monde de l’aviation est trop sérieux pour le laisser gérer par les professionnels du domaine ».

Hélène Retout

Lundi 29 Mars 2010


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