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Et si les voyageurs refusaient de voyager le dimanche ?


Depuis quelques semaines, Sephora et Monoprix sont sous les feux de l’actualité sociale. On leur reproche des amplitudes horaires importantes avec pour conséquence, des heures de nuits imposées (et payées), à des salariés qui n’en veulent pas ! Du moins qui « n’en voudraient pas » car tous ceux que j’ai vu ou entendu, via la presse interposée, sont contre cette décision de justice…Au point d’aller eux même au tribunal pour demander la réouverture de nuit de leur magasin.



On le voit bien, vouloir faire à tout prix le bonheur de salariés qui ne demandent rien est considéré comme le summum de l’ingratitude par les délégués syndicaux. Plusieurs d’entre eux sont venus expliquer qu’en règle générale, ces salariés étaient exploités et contraints de travailler la nuit car en cas de refus, ils étaient licenciés. La réalité est différente. Beaucoup de travailleurs (et travailleuses, selon l’expression d’Arlette Laguiller), souvent à temps partiel, attendent de ce travail une rémunération qui va leur permettre d’arrondir les fins de mois. Expression étonnante alors que l’on conseille aux jeunes d’avoir un budget au carré.
Regardons du côté des voyageurs. Dans les PME/PMI, beaucoup partent le samedi, le billet est moins cher avec la nuit de samedi à dimanche sur place. Beaucoup errent le dimanche dans la ville qu’ils arpenteront le lendemain pour travailler. C’est super à Miami et Los Angeles, plus hard à Reykjavík en hiver ou à Kiev sous une tempête de neige. Mais au-delà, qui parle de « récupérations » pour des journées de 16 heures avec un lever à 4h05 pour l’avion de 6h15 et un retour à 22h45 avec le dernier vol en provenance de Rome ? Bref, au-delà des contraintes du transport, les voyageurs (qui ne sont pas tous cadres) ont une chance inouïe : ne pas avoir de syndicats qui s’intéressent à eux. Certes, il y a deux ans, la CFDT s’était intéressée à ces situations complexes. Mais rien n’est sorti de la mission d’étude engagée. Sans doute socialement trop complexe. Comme me le disait un ami syndicaliste, on ne fera pleurer personne avec des employés qui partent au bout du monde en business. Une idée reçue, mais qui a la vie dure !
Si j’ai bien compris « Voyageurs de tous les pays, unissez vous ». Mais à la seule condition d’avoir de vraies revendications. Pas juste pour être upgradé ou bénéficier de miles car là, je ne vois pas bien qui viendra nous défendre.

Hélène Retout

Dimanche 13 Octobre 2013


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1.Posté par Georges le 14/10/2013 10:53
Il me semble qu'une réponse à ce problème est que si on prenait en compte tous les coûts, dont des indemnisations acceptables pour le temps passé à voyager, beaucoup de voyages d'affaires ne seraient pas rentables, et donc n'auraient pas lieu. Une bonne chose pour la planète.