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Mardi 10 Avril 2012

Etude : les salariés français n'ont pas le moral



L'étude annuelle d'Ipsos sur le moral des salariés vient de paraître. L'édition 2012 constate de fortes disparités entre les salariés français et leurs homologues européens. Pour les acheteurs voyages, cette enquête donne une bonne photographie de l'état d'esprit des salariés et donc de leurs voyageurs. Des managers sous tension. Des « 18-24 ans » et « plus de 55 ans » qui « s'accrochent » à leur emploi. Des salariés fiers mais démotivés par leur travail...



Etude : les salariés français n'ont pas le moral
La 6ème vague du Baromètre Ipsos Edenred sur le «Bien-être au travail et la motivation des salariés français» confirme les résultats des années précédentes. Cette stabilité interpelle alors que l'on perçoit clairement une situation plus dynamique chez un certain nombre de pays européens. En effet, la mise en perspective du baromètre réalisée cette année - comme ce fut le cas en 2008 - sur 5 pays européens (Allemagne, Belgique, UK, Italie, Espagne) souligne le risque de décrochage de la France aujourd'hui vis-à-vis de nos voisins du nord. Les enseignements de cette étude font apparaître - à périmètre identique par rapport à 2008 - un phénomène de polarisation en Europe. La dynamique très positive de l'Allemagne profite à L'Europe du Nord. Aussi, 74% des salariés se disent satisfaits de leur situation professionnelle outre-Rhin (+9), 77% en Belgique (-4) et 63% en UK (+2). 70% se déclarent par ailleurs confiants en Allemagne dans l'avenir de leur entreprise (74% Belgique et 73% UK). A l'inverse, dans les pays d' Europe du Sud (Espagne et Italie), la population salariée se montre sensiblement plus inquiète, focalisée sur les problématiques d'emploi. 36% des Italiens (+6) déclarent ainsi que leur «motivation diminue» là où les Allemands sont à 20%. Notre pays, contrairement à l'Espagne et l'Italie qui affiche des résultats nettement plus négatifs, se situe ainsi à la croisée des chemins.
Si les salariés Français s'affichent comme les recordmen de la démotivation (40%, +2), le constat est plus mitigé : 86% se disent ainsi en parallèle «heureux dans leur travail» et «fiers de leur travail». La charge affective associée au travail en France demeure très forte. Des salariés dont les attentes restent massives en termes de salaire et pouvoir d'achat. Dans un environnement européen où le chômage soulève une inquiétude croissante, notamment en Espagne où le «maintien de l'emploi» préoccupe 55% des salariés interrogés (+18%), les Français se distinguent en plaçant le salaire comme leur préoccupation n°1 (52%), devant le temps consacré au travail (18%) ou le maintien de l'emploi (29%). Si le modèle social français semble atténuer les craintes en matière d'emploi, les salariés focalisent leurs attentes sur le pouvoir d'achat : 68% se déclarent ainsi «insatisfaits», soit une proportion stable sur les quatre dernières années.

Des cadres supérieurs stressés, en mal de reconnaissance

«Le temps consacré au travail» est une préoccupation majeure et en hausse parmi l'ensemble des cadres européens. C'est le cas particulièrement en France (38%, +9) et en Allemagne (45%, +16). Le phénomène affecte tout particulièrement les cadres supérieurs. En France, 42% d'entre eux attribuent ainsi une note de 8 à 10 à leur niveau de stress (38% dans le public et 43% dans le privé), et ils sont la seule catégorie où le stress progresse d'année en année. Ils sont de même 51% à penser «consacrer trop de temps à leur travail» (+14) alors qu'en parallèle, seuls 59% se disent satisfaits de la reconnaissance (43% parmi ceux du secteur public). On mesure ici la conséquence d'une concentration du travail sur les plus qualifiés. La France affiche un des plus bas taux d'emploi en Europe parmi les plus jeunes (18-24 ans) et les plus âgés (+ 55 ans). Un constat également partagé en Belgique, Espagne et Italie. Seule l'Allemagne se distingue en positif sur ce point. Les résultats du Baromètre témoignent cette année d'un «effet de rétention maximal» dans les entreprises françaises parmi ces deux catégories de population : 67% des 18-24 ans déclarent cette année avoir «déjà songé à quitter leur entreprise» (+17) et 66% chez les 50 ans et plus (+2). Notez que les salariés européens de plus de 40 ans - en en particulier en France - apparaissent en parallèle comme les plus inquiets sur leur capacité à «pouvoir facilement retrouver un emploi s'ils perdaient le leur» (27%).