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Facebook bien décidé à vendre toutes vos données privées ?




L'affaire commence à secouer la presse américaine tant elle est révélatrice des enjeux économiques portés par les réseaux sociaux. Mark Zukerberg, le jeune patron de FaceBook, avait déclaré voici quelques semaines qu'il "construisait un internet où le réglage par défaut serait social". Il récidive discrètement et affirme que les données privées comme les groupes préférés d'un internaute, les sites qu'il apprécie ou les listes d'amis constituées seraient des données commercialisables qui n'appartiennent à personne. En clair, elles sont à vendre pour qui les possède. Un grand coup de canif à la vie privée !

"Big Brother est en route mais personne ne veut le voir", explique dans un éditorial du San Jose Mercury New (le quotidien le mieux informé de la high tech américaine), un ancien de chez FaceBook. Il vient de révéler que la sécurité des données privées qui transitent sur le réseau social ne seraient pas aussi sûres que veulent le dire les dirigeants de l'entreprise. Et pour cause, Mark Zukerberg n'a jamais caché que, contrairement à Google qui tire ses revenus des annonces publicitaires, l'avenir était pour lui à la revente de données économiques fortes. Comprenez "VOS données", explique l'éditorialiste qui précise que "Rien ne permet aujourd'hui d'être certain que les goûts exprimés sur le réseau social ne sont pas largement diffusées aux entreprises".
Remettre en cause Facebook, est-ce iconoclaste ? Il faut bien exprimer des doutes et sans être paranoïaque, mieux vaut savoir que, demain, ses échanges sur les voyages en cours ou réalisés pourraient être diffusées aux concurrents voire aux fournisseurs, et que cela présente un certain danger. Se dire, la veille de chaque départ, que le mail d'une société d'assurance est le fruit du hasard, reste dangereux. La liste qui circule aujourd'hui des datas que pourrait (ou peut déjà) commercialiser Facebook est effrayante et ne fait que débuter. D'autant que le réseau social n'est pas le seul à montrer du doigt. Chaque fois que des données privées sont échangées sur le net via des serveurs implantés dans le monde entier, le risque est fort. Aujourd'hui, selon les experts, plus de 20 % des messageries mondiales sont "monitorées" par des spécialistes qui ne sont pas exactement propriétaires des contenus concernés, mais savent les commercialiser à qui veut les acheter. Et le danger ne fait que débuter. Gare aux excès de "secrets" sur le net. Ils peuvent vous revenir en pleine face... comme un boomerang.

Marcel Lévy

Dimanche 13 Juin 2010


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