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Faut-il choisir vos voyageurs d’affaires selon leur nom?


Un bon négociateur de l’entreprise est-il un bon voyageur d’affaires pour l’entreprise ? C’est la question qui peut se poser après la démonstration par l’absurde d’une jeune femme qui comptait partir en voyage de noces aux Etats Unis.



Agée de 33 ans, cette jeune femme, française d’origine bosniaque, comptait partir pour 10 jours avec son mari et leurs jeunes enfants aux Etats-Unis, grâce à la cagnotte de leur mariage célébré il y a 18 mois. Mais la jeune femme a un défaut, son nom de jeune fille : Aida Alic. A l’aéroport de Genève le plus proche de chez elle, elle a appris par le personnel que l'immigration américaine l'avait "blacklistée", et qu'elle ne pouvait donc pas monter à bord. Aucune explication n'a été donnée à la famille, qui a dû renoncer à ses dix jours de vacances new-yorkaises et rentrer à La Motte-Servolex, près de Chambéry. Après enquête et recherche, seul le nom de la jeune femme, trop proche d’Al Quaïda, a pu entrainer cette interdiction qui ne souffre ni discussion, ni contradiction. Sans doute la procédure d’Esta a-t-elle attiré l’attention de l’administration américaine, et le fait que la jeune femme française passe par la Suisse pour ce déplacement n’a-t-il pas plaidé en sa faveur.

Il reste que par extension, les entreprises peuvent s’interroger sur la qualité ou les possibilités que de très bons collaborateurs de l’entreprise peuvent avoir de se rendre aux Etats-Unis ou, dans d’autres cas, au Proche et Moyen Orient. Un informaticien d’origine syrienne aura-t-il portes grandes ouvertes à Washington ? A contrario un collaborateur qui s’est rendu plusieurs fois en Israël devra avoir la présence d’esprit de renouveler son passeport s’il veut se rendre en Arabie saoudite ou au Koweit, ou d’ailleurs il n’est pas question d’envoyer un Cohen ou un Lévy. Il n’est sans doute pas souhaitable aujourd’hui d’envoyer à Kiev un collaborateur portant un nom d’origine russe, et les exemples de cette nature sont multiples.

Malgré sa mondialisation, le monde reste étroit d’esprit. La logique des affaires et de la compétence peuvent toujours être contrecarrée par les patronymes, l’histoire, la religion. C’est ainsi, mais quelle petitesse d’esprit.

Annie Fave

Lundi 28 Avril 2014


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