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Faut-il en rire ou en pleurer ? Les leçons d’un autre blocage




La paralysie totale du ciel européen a quelque peu occulté un autre mouvement de blocage, celui du rail. Les mouvements du train ont été perturbés voire très perturbés dans certaines régions pendant deux semaines complètes, sans que cela ne provoque ni mouvement de colère, ni manifestation. Cela coince, point : on fait autrement. La force de l’habitude ?

Les cheminots des régions Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes, les deux derniers gros bastions de la grève SNCF, ont voté mercredi la reprise du travail après quinze jours de conflit. De même pour les conducteurs de trains de Midi-Pyrénées, les derniers irréductibles. De quoi se réjouir ? Sans doute pas. La levée a été provoquée par une simple rencontre avec la direction, même pas une table ronde. Les uns et les autres ont annoncé des avancées sur l’emploi, avec des recrutements plus importants que prévu (mais non chiffrés). Les autres, par exemple l’UNSA qui ne participait pas à la grève, se félicitent de l’inscription du dossier fret à l’agenda social. Certainement pas le grand soir, et sans être une reddition en rase campagne, on a le sentiment qu’il n’y a pas de quoi se réjouir. Et on serait bien tenté de dire « Tout ça pour çà ? »
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Ce mouvement a été le plus long depuis l’affaire des retraites, en 2003. Un dossier resté douloureux pour beaucoup, notamment les enseignants, qui y avaient perdu des semaines de salaires. Là aussi, les cheminots vont y laisser la moitié de leur paie d’avril, et ce ne sont sans doute pas les caisses de la CGT qui pourront les aider à compenser le manque à gagner. Les temps vont être durs dans certaines familles, et sans doute faudra t-il ne pas tenter de les remobiliser tout de suite. Tant mieux, diront certains passagers. On peut comprendre cette réaction. Mais on peut aussi s’interroger sur les raisons pour lesquelles le dialogue n’a pas réussi à s’engager plus tôt. Dans les relations sociales actuelles, on a vraiment le sentiment que tout n’est pas fait pour relâcher les tensions. La rigidité s’impose des deux côtés, et finalement, ce sont les passagers qui trinquent. A la santé de personne.

Hélène Retout

Mercredi 21 Avril 2010


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