Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels



Mercredi 22 Octobre 2014

Faut-il limiter les vols vers la Russie ?



Les révélations des autorités russes sur l’accident qui a coûté la vie au patron de Total font froid dans le dos. D’autant que l’on apprend aujourd’hui que beaucoup de pilotes spécialisés sur la destination reconnaissent les innombrables dysfonctionnements du système aéronautique russe.



L'aéroport international de Vnoukovo
L'aéroport international de Vnoukovo
Mauvaise compréhension de l’anglais, inexpérience des contrôleurs aériens sans oublier la faiblesse des process de sécurité sur la plupart des aéroports moscovites. La liste des griefs formulés par les pilotes est longue. Selon le BEA qui vient d’envoyer des inspecteurs sur place pour étudier la cause de l’accident de l’avion privé de Christophe de Margerie, «Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions techniques sur l’accident». Mais dans les faits, la plupart des observateurs reconnaissent que la Russie n’a jamais fait d’efforts pour se mettre totalement aux normes IATA qui imposent des process précis et des équipements au sol nécessaires à la sécurité des vols.

« Vnukovo, d’où est parti l’appareil de total est souvent géré la nuit par des personnels mal formés qui n’ont peu ou pas de compétence en matière de communication entre la piste et les véhicules au sol » commente ainsi un ancien pilote d’Air France passé dans le privé depuis trois ans. «Le pire c’est que cet aéroport est très utilisé par les VIP y compris Poutine, mais que rien n’est fait pour assurer une sécurité maximale au sol et au décollage». Et pour lui, ce sont l’ensemble des process à faire valider dans les prochaines semaines. Selon la chaîne de télévision Life News, dans l’attente des premières réponses, plusieurs sociétés américaines ont interdit à leur personnel européen ou américain, l’utilisation de cet aéroport pour les vols privés.

Il faudra tirer les conséquences d’un tel accident. Une vérité qu’assène la presse russe depuis 48 heures. Rien n’est plus sûr.