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France 2 sème la pagaille dans la sécurité privée en charge des aéroports


A peine diffusé le reportage qui montrait deux journalistes passant les portiques de Sécurité de deux aéroports français avec un pistolet 9 mm démonté, les premiers communiqués arrivaient aux rédactions des quotidiens contestant la méthode et stigmatisant les attaques contre les services de sécurité privés mis en place dans les aéroports.



Le syndicats des entreprises de sûreté aéroportuaire (SESA) a immédiatement dénoncé "la recherche du sensationnel et la diffusion d'informations erronées". Au final, côté syndicats, on évoque d'abord pour se justifier "le manque de moyen et le besoin d'embauches". Une petite musique bien connue, largement bousculée par les images chocs diffusées qui démontraient que l'on s'attaquait au domaine de la compétence professionnelle et non du nombre. Il suffit d'écouter notre ami et spécialiste Jean-Louis Baroux pour se rendre compte que la sécurité est un problème difficile et coûteux qui ne répond pas toujours aux exigences attendues par les services de police.
Bien des spécialistes de la sécurité aérienne, y compris dans les compagnies, parlent en souriant "d'amuse couillons" pour évoquer les process de sécurité mis en place à Roissy ou Orly. "Des passoires pour qui sait y faire" précise même un ancien militaire devenu responsable sécurité d'une grande entreprise française. Et après ? Faut-il revenir au laxisme d'avant, où tout était permis ? Certainement pas. Les scanners et autres contrôles sont devenus nécessaires et indispensables pour un minimum de sécurité. Pour un pistolet passé, combien d'extrémistes ont renoncé à leurs actions face aux mesures, même imparfaites, mises en place ? Ce sont à ces questions qu'il faudra que les états en charge du droit régalien de la sécurité des personnes, devront répondre. Sans doute avec de vrais spécialistes, réellement bien formés et qui savent à quoi ressemblent un pistolet 9 mm ou un pain de plastique. Le débat est lancé même si depuis hier soir bien des voyageurs se demandent si prendre un avion est toujours aussi sûr.

Marc Dandreau

Vendredi 7 Janvier 2011


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1.Posté par serge le 07/01/2011 09:10
France2 a fait son travail. Ce n'est pas toujours le cas. Dénoncer un manque de fiabilité en matière de sécurité me parait bien normal. Que cette sécurité soit imparfaite, cela me semble aussi bien humain. Par contre continuer à faire payer de lourdes taxes d'aéroport et surtout les augmenter, est du domaine de l'anormal. Non seulement vous n'avez pas de service, la propreté est moyenne (toilettes), les magasins sont peu nombreux et relativement chers, les accès sont limités (taxis très coûteux).... Bref intéressons nous à ces taxes et voyons à quoi elles correspondent réellement sur le plan financier, on aura bien des surprises!!!

2.Posté par Daniel le 07/01/2011 16:56
Ces agents de securite sont non seulement peu formes, mais leur niveau general est particulierement faible et on ne peut que s'étonner que la securité des passagers aériens soit mise entre des mains si peu expertes. S'ils sont rres actifs pour confisquer dentifrices, cremes diverses et eau minerale, ils sont desarmes (sans jeu de mots) pour reperer tout objet veritablement dangereux.
Les syndicats divers et varies et les autorites ne vont pas tarder a fournir des explications de la plus mauvaise foi ... les voyageurs feront leur propre opinion. Mais changeront-ils rapidement cette mascarade securitaire pour des controles efficaces et rapides ? On ne va pas tarder a le savoir ....

3.Posté par Paul Marais-Hayer le 07/01/2011 18:51
Ce reportage n'est que le résultat du transfert des compétences Police / Gendarmerie au secteur privé payé au lance-pierre.

Le pire n'est pas tant le passage du 9mm à CDG et à MRS, mais la médiocrité de la formation qui se termine par un "examen" truqué, payant à la fois pour le futur agent de sécurité aéroportuaire mais aussi pour le passager !!!

Le tout sans un réel contrôle de fonctionnaires de l'Etat que sont la DGAC, (il suffit juste de voir la version officielle avant que l'inspecteur visionne ce film, et la version "sauvons les meubles" après...

Le risque zéro n'existe pas, c'est un fait mais autant avoir une probabilité proche de 0 que de 1.

Je pense que si la FAA visionne ce reportage, il risque bien d'y avoir quelques vagues... qui vont vite revenir.

Quand aux syndicats, leur réponse n'est pas crédible à la vue de ce que l'on a regardé sur France 2.

Mais bon conclure, je dirai que le reportage démontre que l'on passe actuellement une arme démontée dans deux sacs, à CDG et à MRS, mais par contre, aucune munition dans ce reportage à fait l'objet du même essai...

Passer une arme c'est déjà grave, mais si en plus il y a les cartouches avec, là on frôle la catastrophe.

Paul

4.Posté par daniel.charles. le 08/01/2011 16:07
Effectivement il est anormal qu'une arme puisse franchir les contrôles précédent un embarquement dans un aéroport.
IL est également anormal qu'une journaliste puisse détenir une arme de 4° catégorie ou utiliser un réseau pour obtenir une arme !!!! En France, c'est un délit passible d'une peine de prison. Nous sommes donc dans une situation où une journaliste, qui a préalablement utilisé des contacts officiels pour effectuer ce reportage, renie tous ces contacts et les facilités obtenues, se présente à un embarquement dans une situation délictuelle et veut par la suite enfoncer des portes ouvertes. Elle veut manipuler qui ou est elle manipulée ?
Quel est son but ? Quels sont les gens qui lui ont fourni cette arme? Quels sont les rôles du Directeur de Rem ou de Christophe Naudin dans cette manipulation. Sont ils si clean au niveau de la législation sur toutes les armes et munitions présentées. En sûreté, le risque zéro n'existe pas, la sécurité absolue n'existe pas !!!
L'externalisation de certaines missions de sûreté aéroportuaires est juridiquement bien encadrée. L'article 282._ en est le piler. La Police n'est pas désengagée, bien au contraire, elle a un rôle de contrôle, d'expert., de suivi. Elle en a en charge tout le suivi qualitatif de la prestation, et bien sûr la détection d'individus ou voyageurs susceptibles de vouloir porter atteinte au trafic aérien, ce qui n'a pas été le cas dans la séquence présentée. Les sociétés privées ayant une mission de sûreté aéroportuaire sont contrôlés par l'OACI, L'UE, la DGAC, la Douane, la Police. Ces sociétés possèdent généralement leur propre centre de formation et effectuent leur propre recrutement, avec des obligations légales concernant le niveau de réussite à des tests en situation réelle. Un échec met l'agent en danger professionnellement. Les centres de formation privés, dont Rem, ont créé leur propre business, les coûts des formations sont généralement assumés par les stagiaires ou des partenaires sociaux, sans que cela débouche obligatoirement sur une embauche. Les réputations existent également dans le métier !! ... Les contrôles de ces sociétés sont également du domaine de l'État.
Je trouve que ce reportage est vraiment provocateur, c'est comme un pavé dans une mare. Effectivement, il y a des problèmes dans cette profession, il a quelque temps, il y avait grève à Marseille, les syndicats réclamaient un agent supplémentaire pour effectuer l'accueil des pax et mieux canaliser les flux aux postes d'inspection/ filtrage. Ils avaient raison. On considère que 180 passagers/heure par poste est un max, pourtant certains donneurs d'ordre veulent monter à 21O, soit 3.5 pax contrôlés à la minute ce qui laisse peu de temps d'interprétation pour l'imagerie radioscopie, une éventuelle réaction créant une saturation au PIF .... et un retard au départ .....
En fait la menace est elle réelle sur ces vols ? Un contrôle mieux ciblé ne serait t-il pas aussi efficace. Le repérage de la journaliste dans la file d'attente par la Police était il impossible ? Aurait elle été placée en garde à vue ainsi que ceux qui lui ont fourni l'arme ? ....

bien cordialement