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Jeudi 21 Avril 2011

Géos a publié son bulletin autour du mouvement contestataire au Burkina Faso



Depuis le 22 mars, le gouvernement burkinabé fait face à une série de manifestations engendrant régulièrement des affrontements avec les forces de l’ordre. Après la multiplication des rassemblements étudiants depuis février, des militaires de plusieurs casernes de la capitale, Ouagadougou, et de certaines villes de province ont engagé un mouvement de contestation s’apparentant ces derniers jours à une véritable mutinerie. Alors que les révolutions se succèdent dans le nord de l’Afrique, la situation burkinabée est révélatrice de mouvements contestataires apparus récemment dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.



© wikipedia France
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Dans son texte, Geos rappelle que le 20 février dernier, la mort suspecte d’un lycéen arrêté au cours d’une manifestation – il aurait succombé à des blessures infligées par les forces de l’ordre – a entraîné une série de manifestations étudiantes particulièrement suivies. "Lundi dernier, la ville de Koudougou (Ouest) était encore le théâtre de heurts entre étudiants et policiers. Pourtant, les rassemblements organisés par plusieurs franges de la population (jeunes luttant pour le respect de leurs droits, mais aussi membres de la société civile protestant contre la hausse des prix) n’ont été que récemment appréhendées en termes de mouvement global de contestation au Burkina Faso. En effet, les mutineries de la garde présidentielle apparues depuis le 14 avril ont cristallisé les tensions au sein de la société burkinabée, révélant une dynamique déjà forte de remise en question du pouvoir.
Le Président Blaise Compaoré – en poste depuis 1987 et réélu en novembre dernier avec plus de 80% des voix – s’est vu contraint de mener une série de négociations et d’entreprendre plusieurs mesures emblématiques afin d’apaiser le climat de tensions en cours dans le pays.

Cependant, les critiques à l’égard du Président Compaoré – perçu par de nombreux Burkinabé comme un ministre des Affaires étrangères peu préoccupé par le sort de ses administrés – se sont largement diffusées au sein de la population ces derniers mois. Alors qu’il vient d’être réélu à la faveur d’une écrasante majorité, certains opposants réclament d’ores et déjà une annonce officielle faisant état du renoncement du Président à briguer un autre mandat. En 50 ans d’indépendance pour le Burkina Faso, Blaise Compaoré a gouverné près de 25 ans.
Toutefois, l’émergence d’une révolte populaire en vue de réformes démocratiques au Burkina Faso n’est pas garantie. En effet, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne (Swaziland, Gabon) sont le théâtre depuis quelques semaines de mouvements de contestation particulièrement suivis, sans qu’aucune révolution n’ait pour autant vu le jour. La naissance d’un soulèvement populaire en Afrique subsaharienne n’aboutit pas nécessairement aux résultats tunisien et égyptien. A ce titre, au Burkina Faso, l’absence de front uni – chaque mouvement répond à ses propres règles et cherche à négocier directement avec le gouvernement – est un frein à l’avènement d’une véritable révolte populaire. Ces derniers jours, les militaires s’en sont même pris aux civils en pillant et saccageant des commerces, faisant disparaître toute possibilité de front commun hostile au gouvernement. Par conséquent, si le Président Compaoré poursuit ses négociations et ses réformes ciblées, un renversement du pouvoir n’est pas à envisager".