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Vendredi 16 Juillet 2010

Grève des contrôleurs aériens du 21 juillet : dur, dur d'être voyageur d'affaires aujourd'hui !



La pagaille, voilà le constat fait ce matin dans l'ensemble des aéroports français qui connaissent annulations de vols et retards. Selon les premières observations, les prévisions des compagnies aériennes seraient à priori respectées sauf pour Air France qui aurait connu quelques problèmes sur deux de ses longs courriers.



Grève des contrôleurs aériens du 21 juillet : dur, dur d'être voyageur d'affaires aujourd'hui !
Cinq syndicats des contrôleurs aériens appellent à une grève dure mercredi prochain, afin de marquer leur opposition au projet européen de contrôle aérien unique qui pourrait conduire au démantèlement de la DGAC et à la perte de certains privilèges nationaux. L'intersyndicale CGT-CGC-FO-Unsa/Iessa-Unsa/Icna a déjà souligné les risques d'une perte de contrôle de la DGAC sur la gestion du ciel français. à l'occasion de deux mouvements de grève en janvier et en février dernier. Selon certaines sources militantes : "Le projet européen vise également à établir une main mise anglo-saxonne sur la gestion du trafic aérien ce qui serait une catastrophe pour le développement des compagnies françaises ". Une crainte balayée d'un revers de main par le patron européen des transports, Siim Kallas, qui précise que l'argument ne tient pas : "La France est dans un bloc qui regroupe l'Allemagne, la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg". C'est le fameux "Fabec", le bloc d'Europe centrale. Et de poursuivre : "La création envisagée de neuf blocs de suivi des opérations, au lieu des 27 actuels, signera la rationalisation de l'expérience et garantira un meilleur trafic aérien". Les premiers constats sur le terrain démontrent la volonté de la France de développer, au sein du Fabec, une structure en charge de gérer le trafic aérien. Cette structure externalisée regrouperait les personnels de l'ensemble des pays concernés. Les promesses de maintien du statut des contrôleurs aériens au sein de la fonction public a bien été faite par le Ministère des Transports, mais les syndicats considèrent qu'il s'agit d'un premier pas vers la privatisation. Ils précisent que sur les 4400 contrôleurs aériens français, plus de 80% seraient favorables au mouvement ce qui pourrait conduire à l'annulation d'un vol sur deux.
A ce jour, la DGAC qui devrait reprendre des négociations dès lundi 19 juillet prochain, se refuse à donner des prévisions quant à la journée du 21 juillet mais reconnaît en "off" qu'elle pourrait être l'une des plus difficiles journées de l'année pour le transport aérien.



1.Posté par martin le 16/07/2010 19:02
je ne suis pas sur de pouvoir prendre mon avion aprés un an de sacrifce financier et si s'est le cas je leur souhaite à ces gens là un avenir sombre (plus de travail et moins cher payé). on ne prend pas la classe moyenne en otage

2.Posté par nico le 20/07/2010 12:18
L'orientation stratégique de la DGAC (direction française de l'aviation civile) a été fixée arbitrairement en janvier 2010 par le secrétaire d’Etat aux transports Dominique BUSSEREAU : il s'agit d'une fusion des services de contrôle aérien de la France, l'Allemagne, la Suisse et les pays du Benelux au sein de l'espace aérien commun appelé FABEC (Europe Centrale). Cette orientation a été largement refusée par les personnels de la DGAC. L'opposition des personnels ne porte pas sur la construction du FABEC mais sur la méthode employée par le gouvernement pour imposer une solution coûteuse socialement et financièrement, et élaborée uniquement avec deux syndicats minoritaires, qui espèrent en tirer des profits directs au mépris du reste des personnels. La majorité des personnels est porteuse d'un projet détaillé présenté au gouvernement : ce dernier répond en totalité aux objectifs de performance du FABEC, c'est pourquoi les représentants de cette majorité demandent à ce qu'il soit correctement évalué avant de se prononcer sur l'avenir de la DGAC. Au lieu de cela, le gouvernement décide de mettre en œuvre la signature d'un protocole d'accord le 21 juillet 2010 (d'où la date choisie pour cette grève) qui fixe définitivement l'orientation stratégique de la DGAC pour les années à venir sans attendre les résultats de la mission confiée au M. Savary et au mépris des propositions des personnels, le tout dans un climat social particulièrement dégradé et agrémenté d'une campagne médiatique de désinformation de l'opinion publique. OUI, les passagers et les compagnies sont pris en otage... par le gouvernement !!!

3.Posté par marcel levy le 20/07/2010 12:42
Bonjour

Je n'approuve pas votre analyse finale du mouvement car je reste persuadé, et nos voisins européens le prouvent, qu'il y a des étapes dans le dialogue et la menace. Nuances qu'aucun syndicat français ne sait appliquer,

Pour autant, je dois reconnaître que toute votre explication est juste, conforme aux observations de terrain de nos journalistes et non dénuée d'intelligence en terme d'échanges avec la DGAC. Oui la signature du protocole pouvait attendre. Oui la mise en place du FABEC, loin d'être une idiotie, pouvait passer par une analyse encore plus fine des moyens, des besoins et de leur mise en place.

Au final, on retient, à tort ou à raison cette approche de "personnels privilégiés" qui veulent que personne ne touche aux avantages acquis. Or votre projet démontre le contraire et souligne aussi une envie de faire évoluer la pratique du métier. Le serpent se mord la queue. Sans qu'aucune réponse ne soit apportée. Quant au gouvernement, sensée gérer les maux de tout le monde, il se soucie peu de cette grève. Au final, elle ne le gêne pas. L'avion de la Présidence, si besoin, est géré par des militaires... Qui ne possèdent pas ce droit de grève. En prenant le public en otage vous vous trompez de cible et n'apportez aucune imagination à ce que pourrait être une lutte syndicale efficace !

Cordialement
Marcel Lévy

Marcel Lévy
Rédacteur en chef

4.Posté par nico le 22/07/2010 18:11
Je suis d'accord avec vous : le public ne devrait pas être pris en otage. Cependant, il est faux d'affirmer que le gouvernement ne se soucie pas de cette grève car son coût économique n'est pas négligeable et la pression exercée par les compagnies aérienne n'est pas anodine.
Dans d'autres pays européens il est vrai, le dialogue social existe. Les syndicats sont respectés et écoutés, des compromis peuvent être trouvés ; peut-être est-ce parce qu'il sont plus représentatifs des personnels. En France - cette grève et celle de janvier l'ont prouvé pour la DGAC - le gouvernement fait la sourde oreille jusqu'à ce qu'une menace soit mise à exécution, puis tente au dernier moment de diviser les représentants des personnels (mardi à 21h30 un mot du texte protocolaire a été remplacé semant la confusion chez les syndicats), et désinforme les médias (en affirmant que le projet est indispensable à la mise en place du paquet ciel unique, en omettant de parler du coût d'une nouvelle réorganisation de la DGAC et de l'avis de nos voisins) pour retourner l'opinion publique contre les grévistes qui ne font pas cela par plaisir mais pour sauvegarder à terme près de 4000 emplois sur les 12000 que compte la DGAC, pour une meilleure justice sociale (car ceux qui ne pensent qu'à leur rémunération ne sont pas grévistes : ils savent qu'il vont tirer profit du projet du gouvernement qui leur a d'ores et déjà accordé une enveloppe conséquente pour valider la signature de ce protocole : en pleine crise et en sacrifiant les autres corps de métier, quelle honte !).
Les personnels demandent à être écoutés : une alerte sociale a été déposé dès décembre 2009, une intersyndicale (phénomène rare) s'est constitué pour défendre un maximum de monde, un projet a été élaboré auquel les personnels et ETF (syndicat des transports européens) apportent leur soutient, les députés ont été sollicité dès février, un sondage interne a été demandé sans réponse... Comme je l'ai déjà dit et vous semblez connaître la situation, M. Savary n'a pas rendu ses conclusions : alors pourquoi essayer de passer une signature en force pendant l'été ? Sans cette provocation supplémentaire et le mépris affiché devant les principaux syndicats depuis des mois, cette grève n'aurait pas eu lieu. Elle n'aurait pas dû avoir lieu. Elle résulte d'une politique aveugle et antisociale qui choisit le délestage de la fonction publique au lieu d'une amélioration des services rendus pour les usagers.