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Hôtellerie : difficile d’y trouver son latin


Les acheteurs et travel managers nous ont toujours fait part de leur difficulté à saisir la dépense hôtelière, la comprendre et l’anticiper. Sans aller jusqu’au Big Data, leur objectif est de mieux comprendre pour mieux acheter. Mais à quel prix ?



A chacun ses statistiques et pas facile de s’y retrouver. HRS souligne une reprise de l’hôtellerie et des hausses de prix parfois conséquentes comme à Bordeaux (+9%). De son côté le cabinet In-Extenso (membre de Deloitte) souligne que la majeure partie des catégories stabilise son chiffre d’affaires par rapport à l’année passée, pas plus : « des évolutions comprises entre -1 % et 1 % ». Effectivement, guère significatif. Enfin troisième analyse, l'indice Hotel Price Index du site Hotels.com, pour lequelle prix moyen d'une chambre d'hôtel dans le monde a augmenté de 2% au cours des 6 premiers mois de 2013 par rapport à la même période l'année dernière. Mais si on lit plus dans le détail, le chiffre moyen ne veut pas dire grand-chose au regard des disparités entre les zones géographiques !

Avec tout cela, comment préparer son budget ! Les agences ou moyens de paiement nous diront de checker leurs statistiques, ce qui permettra de connaître les dépenses effectivement réalisées, mais quand à estimer la suite… Il restera la bonne vieille méthode du doigt mouillé, prudent, permettant à chacun de faire des prévisions en fonction de ses propres tronçons, des perspectives de déplacement des équipes, à vue de nez. Pas très scientifique, mais comment faire autrement ?

Hélène Retout

Mercredi 11 Septembre 2013


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1.Posté par nowykaczor le 11/09/2013 10:50
L'analyse est très vraie, et ce depuis, presque, toujours.
L'une des principales difficultés pour anticiper un budget hôtel est liée aux multiples canaux de réservation.
En effet, si les stats sont indispensables pour connaître son volume, il devient très épineux de connaître son volume réel. On ne voit que ce qu'on est capable de suivre.
En d'autres termes, le mot d'ordre consisterait à faire respecter la politique voyage de la société (pour celles qui en ont une), et plus particulièrement faire respecter les canaux de réservation (via l'agence de voyage, l'OBT, la centrale hôtelière, bref ce qui a été clairement défini) et les moyens de paiement (qui servent de complément aux stats des canaux de réservation).

Je travaille pour une grande multinationale, nous sommes capables de traquer que 30% de notre volumétrie mondiale, car les voyageurs préfèrent faire réserver leur hôtel par leur contact à destination (qui appelle directement l'hôtel la plupart du temps) et n'utilisent pas systématiquement la carte corporate du groupe. Nous perdons ainsi une partie importante de nos chiffres.
Moins de tracking = moins de volume = prix négociés moins attractifs.

Ce n'est qu'en améliorant ce simple comportement des voyageurs que nous pourrons peut-être enfin négocier des tarifs inférieurs au marché et à son évolution. Car pourquoi perdre son temps en négociation si c'est pour avoir en fin de compte une augmentation conforme à l'inflation du marché ? Autant utiliser les prix publics et les nombreuses promos proposées tout au long de l'année.
Un contrat est là pour sécuriser une dépense, il doit être plus attractif que le prix public, et la seule façon de le rendre attractif c'est de connaître le vrai volume que l'on souhaite associer à nos négo.