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Hôtellerie, la taxe est-elle aussi nuisible que veulent bien le dire les professionnels?


Le débat qui vient de s’engager autour de la hausse de la taxe sur les nuits d’hôtels est loin d’être clos. Si les députés PS font remarquer que nous avions en France des surcharges plutôt faibles, les porte-paroles de l’opposition dénoncent un coup bas porté au tourisme et plus généralement à l’hôtellerie. Ils sont suivis par les associations professionnelles, rarement portés sur des idées de gauche. Mais au-delà du clivage politique, c’est l’utilité même de la mesure qui est en cause !



Revenons un court instant sur l’origine de la mesure. Ce sont les municipalités elles-mêmes, toutes couleurs politiques confondues, qui sont montées au créneau pour demander que la taxe de base, plafonnée jusqu’ici à 1,5 €, puisse être fortement augmentée pour couvrir les dépenses engagées par l’afflux de touristes à certaines périodes de l’année. Pour les stations balnéaires et les sites de montagne, la taxe ne couvrait pas les dépenses et - dans le meilleur des cas - atteignait à peine 14 % des frais engagés pour répondre à l’affluence.

Autre point important, le montant de la taxe de séjour est laissé à la discrétion des communes qui, loin d’être écervelées, connaissent assez bien leur clientèle pour mesurer l’effort qu’il sera possible de lui demander. A l’évidence, les clients d’un hôtel une étoile ne paieront pas la même somme qu’un palace. On le voit bien, il doit y avoir de la logique et de l’intelligence dans la mise en route de l’ensemble. Que le Ministre du Tourisme, Laurent Fabius, soit du côté des hôteliers, est logique. Il se doit d’écouter toutes les parties.

Au-delà, qui s’étonne de payer plus de 70 € pour un Visa ou 14 $ pour l’Esta qui permet d’entrer aux USA ? Qui conteste la taxe de séjour appliquée par les hôtels américains et qui est complétée par les taxes locales ? New York n’a jamais été aussi rempli avec un prix moyen de la nuit qui dépasse les 240€. On est loin de nos 90€ en moyenne pour un deux étoiles. Ajoutez à cela le prix du service, laissé à la discrétion du voyageur, et on se rend compte que l’ensemble peut vite représenter 25 à 30 % du prix de la nuitée.

Bien évidemment, la surcharge supplémentaire imposée aux hôtels d’ile de France doit être aménagée. Elle le sera. Tout comme seront adaptés les montants demandés par plus de 90% des communes françaises. Selon les premiers sondages, la taxe passera de 1,5 € à 3 € maximum.

Il reste une question : est-il bien raisonnable de laisser aux seules communes touristiques la charge financière d’une fréquentation liée à la seule qualité de leur offre balnéaire ou historique ? La notion d’égalité inscrite au fronton de nos mairies ne saurait oublier la fraternité essentielle au territoire. Certes, on peut toujours s’opposer à une idée à la base plutôt démocratique. Mais dans le seul intérêt financier de structures privées. Est-ce bien raisonnable ?

Pierre Barre

Mercredi 2 Juillet 2014


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