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Ici, pas de Coupe du Monde... mais un regard sur le prix du billet de train!


Je me demande si vous mesurez bien votre bonheur: en lisant DéplacementsPros.com tous les matins, vous êtes gâtés. Ici pas une ligne sur les matchs de la coupe du Monde ou les bobos des bleus. Un havre de paix médiatique. Je ne respecterais pas cet engagement si les déplacements professionnels au Brésil devaient devenir calamiteux ces prochains jours. Si les grèves aéroportuaires s’amplifient au pays du « foutchebol ». Bref, si c’était la cata !



A priori, nos entreprises ont bien compris qu’il fallait éviter au maximum le pays lorsque cela était possible. Le business, le vrai, reprendra sur place dès la mi-juillet avec des billets d’avion à des tarifs plus accessibles et des chambres d’hôtel qui n’exige pas d’avoir un lingot d’or sur soi pour arriver à les payer.

En parlant de lingot d’or, arrêtons-nous instant sur le prix du billet de train. Du moins celui facturé aux entreprises. Il ne devrait pas être comme le souhaite Guillaume Pepy, l’un des plus bas d’Europe. Si le président de la SNCF a manifesté son souhait de voir un grand nombre de billets commercialisé à environ près de 30 €, la dette que devrait gérer son entreprise, associée à celle de R.F. F rend difficile le pari.

On le voit bien aujourd’hui, le train coûte cher, très cher pour les petites et moyennes entreprises. La flexibilité, associée au yield management devenu de plus en plus féroce, transforme le moindre déplacements en train en un réel investissement même lorsque l’on parle de proximité, c’est-à-dire à moins de trois heures de son point de départ. Exemple avec un Paris/Strasbourg, assumé dans la journée et facturé 282 € l’A/R. Presque deux fois plus cher qu’un vol Easyjet vers Nice payé au prix le plus bas.

Bien évidemment, il est assez facile de rétorquer qu’il ne faut comparer que des éléments comparables et qu’en aucun cas il ne faut prendre le moins cher pour l’opposer au plus cher. Il n’empêche que le prix, c’est d’abord une image dans la tête avant de devenir une réalité économique. Et pour l’entendre quasi quotidiennement, je le confirme: le train est cher.

On pourrait se dire que le prix du train adapté aux attentes des professionnels va baisser. Il n’en est rien. Les petits prix qui seront proposés demain dans le monde du loisir et des déplacements privés devront trouver une compensation que seuls les déplacements d’entreprise pourront payer. Les quelques 33 milliards de dette de RFF associés à celle de la SNCF, environ 7 milliards, ne saurait être réglés par les 500 millions d’économies que tous les acteurs du ferroviaire devront faire ces prochaines années. Il faudra bien que quelqu'un paye. Et d’ores et déjà, voilà que l’on évoque au sein du groupe SNCF une possible refonte des tarifs Pros qui, en amplifiant les effets du du yield, limiterait le nombre de billets ouverts à remboursement. Selon les calculs des syndicats, si cette équation devait être mise en place elle correspondrait à une augmentation de 4,7 % des tarifs Pro.

Comme toujours, il est difficile de de faire la part des choses et différencier le vrai du faux. Seule certitude, lentement mais sûrement la SNCF a augmenté le prix de ses billets et ne devrait pas s’arrêter ces prochaines années. On voit bien que le clivage de clientèle engagée depuis quelques années par la SNCF n’est pas aussi favorable aux entreprises que ne veulent bien le dire les commerciaux de la société ferroviaire.

À terme, l’acheteur voyages devra devenir également un acheteur malin pour déterminer le meilleur prix du billet de train quitte à en perdre certains si, pour des raisons données, le voyageur ne pouvait pas prendre le TGV souhaité. Exactement comme certaines entreprises le font sur des billets aériens low-costs sur des tronçons très fréquentés. Plus que jamais, la contrainte imposée aux déplacements par train va s’imposer dans les entreprises qui ne veulent pas devenir la vache a lait d’un organisme largement remis sur les rails par Guillaume Pepy mais qui souffre encore d’une vision économique en retard sur la réalité des marchés.

Marcel Lévy

Jeudi 12 Juin 2014


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