Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels


Il faut gagner la bataille des Miles


N'en déplaise aux compagnies aériennes, les Miles, c'est une vraie fausse bonne idée. Conçue à l'époque d'un transport aérien triomphant, la formule est devenue une épine dans le pied de beaucoup d'opérateurs. Oui mais voilà, le client en est friand, le business aérien en a besoin et l'acheteur est pris au piège de la formule car ses voyageurs font le choix de leur compagnie aérienne en fonction de la couleur du plastique qu'elle a bien voulu leur décerner. Une quadrature du cercle qui agace. Mais qui a la solution ?.



La modification de la formule de calcul engagée par American Express et Air France sur leur carte dédiée est révélatrice du malaise que l'on déclenche quand on change les règles du jeu. Et ces règles du jeu, beaucoup aimeraient les modifier. Mais comment faire ? British vient peut être de la trouver : modifier le nom du programme, le rendre plus attractif pendant un temps... Et après ? Revenir (peut-être) à une règle de gestion plus drastique, moins favorable peut-être. Que BA me pardonne car il est vrai que là, j'interprète. Mais la compagnie britannique ne serait pas la seule à user de cette formule magique déjà utilisée par d'autres. Aux USA, l'une des plus grandes agences marketing travaille en ce moment avec la première compagnie américaine pour trouver une astuce permettant de sortir du cercle infernal. En Asie, deux compagnies veulent créer un système de points "verts". Rien à gagner pour le voyageur qui donne ses Miles à une association de défense de la nature. Ceux ci sont alors convertis en subventions. Disons le clairement, tout cela n'est que du "pipi de chat". Le voyageur veut ses billets gratuits. Qu'importe le chemin de croix que lui impose la compagnie pour obtenir le précieux coupon, il veut pouvoir faire gouter l'avion à sa famille pendant ses vacances ! Une sorte de bonus après le voyage d'affaires. On l'aura compris, l'affaire est loin d'être facilement réglée. Pour autant, attendez vous à apprendre qu'en Europe, le Miles va se complexifier. Les mauvaises nouvelles ne sont pas loin.

Marcel Lévy

Vendredi 9 Septembre 2011


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1.Posté par Ravindra Bhagwanani le 09/09/2011 10:12
Je suis d’accord que le business des miles va se complexifier. En moyenne, il y a un nouveau programme par mois qui s’ajoute aux 200 existants. Et le défi pour les compagnies aériennes est en effet de rester en mouvement permanent pour s’adapter. Il y en a qui réussissent mieux que d’autres.
Analysant tous ces programmes de jour en jour, je crois que les changements annoncés par British Airways vont bien au-delà de changer simplement le nom de la monnaie (pas du programme). Les vols de primes qui commencent à 9 000 miles et un forfait pour les taxes de 27 euros ramène le programme bien aux racines de la promesse initiale - des vols gratuits. Si on compare ceci avec les taxes et suppléments chez des compagnies comme Air France et Lufthansa, qui dépassent souvent les 200 euros à l’intérieur de l’Europe pour des vols dits « gratuits », il faut réfléchir à qui on devrait vraiment critiquer. British Airways exerce une pression énorme et ceux qui ne réagissent pas rapidement risquent de perdre des parts de marché parmi la clientèle des grands voyageurs.
Ne nous faisons pas d’illusions : Les programmes Frequent Flyer fleurissent pour les compagnies aériennes depuis plus de 30 ans et sont très rentables. A titre d’exemple, Qantas vient de publier ces chiffres de l’année dernière : Ils ont vendu des miles d’une valeur de 1,1 milliards de dollar et en ont généré un profit de 214 millions - ce qui constitue la presque totalité du profit de Qantas en 2010 qui s’élevait à 223 millions ! Les programmes vont donc rester pour longtemps. A chaque voyageur de s’informer des meilleures options et de ne pas tomber dans la trappe d’être fidèle à des programmes qui se dégradent. Et à chaque travel manager de se rendre compte de l’importance du sujet et de s’en occuper avant que les voyageurs plus instruits prennent le dessus et rendent tout effort de diriger des volumes d’achats impossible. C’est ça le vrai défi si on parle des miles dans un contexte de travel management !

2.Posté par Marais-Hayer Paul le 09/09/2011 11:38
Merci une nouvelle fois à Déplacement Pro de soulever le soucis qui fait le buzz sur les forums internet et surtout qui donne lieu à une pétition sur Facebook concernant non pas la refonte de la formule de calcul des miles mais bien la suppression totale des miles statut par Air France lors des paiements avec les différentes cartes American Express / Air France, ce qui se traduit par une double peine ajoutée à la refonte du calcul des miles primes. Air France doit analyser que ceux qui utilisent la carte de paiement Amex/AF ne sont pas obligatoirement des fréquent flyers, et donc se pose maintenant la question "pourquoi leur donner des avantages" ??? Sauf que comme le signale si bien votre article, si tu as ton niveau gold, par principe tu vas voler Air France, cela me semble logique, si logique que c'est ce que je fais !

Il faudrait qu'Air France, arrête de penser que le niveau gold permet à trop de monde d'avoir l'accès au lounge car cette image est totalement grotesque, avoir le niveau gold Flying blue permet surtout de jouir d'un enregistrement rapide et d'utiliser l'accès n°1 au poste de contrôle... Elle est là la vraie valeur ajoutée ! (du moins d'avoir une vraie notion du service dans le transport aérien).

Imaginons que finalement on ne vole peu,et qu'on est Flying blue Gold cela veut dire que l'on a utiliser sa carte Amex AF pour une valeur de 60 000 euros par an, soit plus de 5000 euros par mois, c'est pas une petite somme !!! Alors si l'on vole peu, et que l'on soit gold, la tentation d'essayer d'attraper le planitium est grande et qu'est ce que l'on fait quand on prend l'avion ... On vole Air France !!!!

Par cette mesure qui arrive à même générer une pétition sur facebook, Air France, ouvre tout simplement l'idée à ses voyageurs de comparer et surtout de jeter un œil très attentif à ce qui se fait à CDG 1 chez Miles & more...

Si l'on regarde ailleurs tout en restant chez Skyteam, il suffit de se rendre chez Amex USA et son programme lié à Delta, pour constater que sincèrement on se moque de nous... rien que par exemple de ne pas compter en vols qualifiants les déplacements métropolitains... ou un autre exemple les 30 000 miles offerts chaque année aux bons niveaux...

De plus, en quoi maintenant Amex est gagnante dans l'histoire, pourquoi serait elle obligée en France de ne proposer qu'un partenariat avec Air France ? Ce couple n'est plus du tout à l'image du "haut de gamme" avec lequel elle nous a prospecté et séduit... C'est plus que pitoyable !

Paul