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Mercredi 15 Juin 2011

J'ai testé la location d'une voiture électrique


Je dois vous faire une confidence, et un mea culpa à la fois : ma vision de la voiture électrique était un peu passéiste. Pour moi, tout était à venir, rien de très concret n'était disponible. Rien ne vaut le test grandeur nature pour changer d'avis et adapter sa perception à la réalité d'un marché naissant qui, certes, n'est pas encore très développé, mais qui se révèle plutôt prometteur. De fait, pour comprendre comment fonctionne une voiture électrique, et pour enfin l'utiliser pendant quelques heures en région parisienne, j'ai emprunté chez National Citer une Citroën C Zero.



J'ai testé la location d'une voiture électrique
Pour bien comprendre le choix du loueur, il faut remonter à 1996, quand Citer se lance dans l’aventure électrique en devenant alors la toute première entreprise en France à proposer des véhicules de ce type avec 20 Citroën AX électriques. Une expérience au résultat mitigé : la voiture était loin d'être aboutie et présentait quelques défauts d'utilisation rédhibitoire. Les nouveaux modèles disponibles sur le marché sont désormais plus fiables et parfaitement adaptés à la circulation urbaine. Car il faut être franc, le véhicule électrique est fait avant tout pour circuler en ville. C'est une voiture de proximité qui s'appuie sur un relais de bornes électriques en cas de panne sèche ou d'un besoin de recharge pressant. Il ne faut donc pas voir la voiture électrique comme un outil de location longue durée adapté à un départ en vacances ou à une longue tournée d'un commercial ou d'un technicien. Son cahier des charges est plus réservé. La distance maximum que l'on peut parcourir avec le véhicule chargé à plein est de 120 à 140 km. Le temps minimum de recharge est de 3h pour les accès électriques haute puissance ou de 6 heures si l'on connecte le véhicule à une prise électrique classique. C'est d'ailleurs ce qui, a priori, effraie beaucoup les Travel managers ou les acheteurs de voyages quand ils évoquent la location de voitures électriques. "Je reste un peu sceptique face à mes voyageurs" explique Yann le Goff, Directeur des Achats Hors Production chez Sidel "Je suis certain qu'il y a un travail d'apprentissage à faire. C'est peut-être ce qui me freine aujourd'hui". De fait, louer un véhicule électrique doit répondre à une politique d'utilisation très précise. Mais si on regarde les statistiques réalisées par la plupart des loueurs, l'utilisation en zone urbaine représente un peu plus de 40 % des demandes formulées par les entreprises. Et, les chiffres le démontrent, un client moyen parcourt entre 80 et 110 km dans la journée. Largement en dessous de l'autonomie maximum de la C Zero. De quoi convaincre les TM et voyageurs d'améliorer le bilan carbone de leur entreprise en utilisant un véhicule pratique, maniable et, ouf !, silencieux.

J'ai testé la location d'une voiture électrique

Une prise en main aisée

On se fait souvent des idées préconçues sur une nouveauté. Il en va de même pour la voiture électrique. Dans ma tête, sans doute poussé par la lecture de quelques papiers défavorables, elle n'a pas de reprise, elle est molle, lourde et peu confortable. Nous verrons plus loin que rien de tout cela n'existe dans la réalité. Concrètement, c'est à l'agence Citer de la Porte Maillot que j'ai effectué ma réservation. Pour moi, l'idée était de la conserver quelques heures afin de vivre une après-midi parisienne comme je le ferais au quotidien. Côté contrat, le fait de venir louer un véhicule électrique ne change rien au process, plutôt rapide. Le loueur fournit une petite carte, un triptyque, qui permet de découvrir en quelques minutes les éléments essentiels à savoir autour d'une voiture électrique. C'est tout bête, mais les conseils qui sont donnés me seront particulièrement utiles une fois seul sur la route. Autre bon point, pour cette première location, j'ai le droit à une assistance personnalisée. Une des responsables de l'agence me conduit au parking du Palais des Congrès pour une prise en main immédiate du véhicule. Heureusement, il n'y a pas grand-chose à savoir. Personne n'imaginerait un responsable d'agence venir vous détailler un embrayage, un accélérateur et les quelques boutons essentiels à l'allumage des lumières ou des essuie-glaces. Car finalement, les seules choses à savoir se situent au niveau du démarrage et du chargeur. Compte tenu du fait que nous ne sommes pas avec un moteur thermique, on ne démarre pas à l'oreille mais au voyant lumineux, il n'y en a qu'un. Pour faciliter la prise en main, Citroën a eu la bonne idée de conserver un démarreur classique qui se connecte par une pression rotative de la clé, tout comme sur une voiture actuelle. Le voyant, une fois allumé, indique que le véhicule est prêt à partir. Le chargeur est situé lui dans le coffre de la voiture. Un sac noir de bonne taille le protège. Mon accompagnatrice me fait une démonstration immédiate en allant se connecter sur l'une des deux prises spéciales installées au mur. Il y a deux points d'alimentation de chaque côté de la voiture, selon la nature de la borne à laquelle on ira recharger le véhicule. D'un côté un connecteur destiné aux prises classiques comparables à celles que l'on a chez soi. Il faudra alors 6h au maximum pour recharger totalement le véhicule. De l'autre côté, une prise rapide, doté d'un connecteur spécifique, de plus grande taille, qui permet de faire le plein en un peu moins de 3h. Citer fournit une liste des points de recharge dans Paris et précise que peu de locataires les utilisent car ils n'auront au final pas fait plus de 100 km avec leur véhicule électrique.

La station service du futur
La station service du futur

Rechargez, prêt, partez !

Voilà donc les quelques données à savoir, je suis désormais prêt à partir. La première surprise, mais tout le monde l'a déjà raconté, c'est l'absence de bruit. Seuls les crissements des pneus sur le ciment du parking rappellent que le véhicule roule. C'est à la fois agréable et dangereux car on n'entend pas venir le véhicule. C'est d'ailleurs l'une des mises en garde formulées au moment de la prise en main. L'autre innovation, même si elle existe depuis fort longtemps sur d'autres véhicules, c'est l'absence totale de levier de vitesse, comme sur une automatique. La voiture se conduit tout simplement à la pédale d'accélérateur. Le compteur de vitesse est réduit à sa plus stricte expression : quelques segments lumineux à l'image d'un réveille-matin. Le cadran est lui essentiel à la conduite. Il indique le moment où le véhicule est en charge tout en roulant (faible vitesse), où la conduite est économique ou au contraire coûteuse en matière d'énergie. Il faut un peu moins de 10 minutes pour s'habituer à ces indications et oublier totalement que l'on est dans un véhicule électrique. D'ailleurs, c'est le regard des autres sur la voiture qui vous rappelle un court instant que vous conduisez une voiture "différente".
Impensable de tester la voiture sans tenter une pointe de vitesse. Aussi, je prends la direction de la N14 pour m'amuser. Une virée entre le tunnel de la Défense et la sortie de Rueil-Malmaison. Avec un radar qui limite la vitesse à 70 km, et une circulation digne d'un jour de départ en vacancesn je ne les atteindrais que difficilement sur les 6 premiers kilomètres. En une vingtaine de minutes, j'atteindrai la bretelle de Rueil-Malmaison avec, disons-le un réel plaisir de conduite. J'aurais enfin, à l'entrée de l'A14, la possibilité de pousser un peu la voiture. Elle ne déçoit pas, tant au niveau des reprises qu'au niveau de la nervosité. Je le sais, je ne conduis pas une Ferrari mais j'atteins sans souci les 128 km/h. En fait, je me suis culpabilisé moi même... guidé par les indications du compteur. Très vite, je recherche une conduite éco responsable, j'évite d'appuyer à fond sur le champignon et je tente de rester dans les indications "éco" qui signifient que je conduis à l'économie d'énergie sans pour autant brider le véhicule. La voiture s'exprime complètement mais c'est incontestablement dans les bouchons qui vont me ramener porte Maillot que je vais encore plus l'apprécier. Là où j'entends crisser les moteurs pour quelques mètres, mon véhicule s'approche lentement de la voiture de devant, avec la plus grande souplesse. J'avoue honteusement que j'adore.

Une voiture adaptée aux besoins urbains

Il n'est pas inutile de regarder un court instant les équipements de base du véhicule. Un lecteur de CD couplé à une radio est le seul élément central qui vient garnir le tableau de bord, juste à côté du compteur. Les traditionnels boutons de réglage de la climatisation se situent en dessous, tout comme un vide poche. Les différentes commandes des essuie-glaces, des clignotants ou de l'allumage des lumières sont positionnés comme ils le seraient sur bon nombre de voitures, juste derrière le volant. Enfin, cette vraie quatre places qui s'inspire fortement de la C1, permet le transport facile d'un groupe de collaborateurs et laisse une bonne place au coffre pour stocker mallette ou valise.

J'ai testé la location d'une voiture électrique

En conclusion...

Faut-il alors la conseiller ? Oui, en se fixant un cadre très précis d'utilisation et en n'oubliant jamais que le loueur a mis en place un système d'assistance perfectionné qui permet de ne pas se retrouver bloqué en cas de problème. La voiture électrique s'adressera donc à des collaborateurs qui auraient quatre à cinq rendez-vous en ville, voir le besoin en fin de journée de rejoindre une gare ou un aéroport. Côté tarifs, National Citer essaye de se positionner, pour les contrats Corporate, à un prix à peine supérieur que les modèles thermiques. Pour information, une journée de location est proposée au tarif public TTC de 80 €, 70 € pour les deux jours du week-end ou 51 € par jour pour une semaine de location. Pour comparer, il faut noter qu'il n'y aura pas à ajouter les frais d'essence à ce prix. Regrettons que le loueur applique un supplément un peu élevé pour le conducteur additionnel (ou pour le jeune conducteur). Une meilleure politique tarifaire permettrait très concrètement d'attirer les jeunes cadres vers ce type de voitures.
Enfin, il n'est pas inutile non plus de rappeler que la notion de "zéro émission de carbone" n'est pas tout à fait juste. La fourniture électrique, qu'elle soit assumée par des centrales thermiques ou nucléaires, doit être prise en compte dans le calcul des émissions. Concrètement, la mesure du CO2 exprimé dépend de la consommation du véhicule (nombre de Kwh au 100 km). Les spécialistes estiment aujourd'hui que les émissions de CO2 d'une voiture électrique sont de l'ordre de 25 à 45 grammes par kilomètre parcouru. Trois à quatre fois moins que les moteurs thermiques.

Test réussi sur toute la ligne. J'avoue avoir changé d'avis et je me prêterais volontiers à ce type de location urbaine. Si je comprends que le prix et l'entretien des batteries viennent pénaliser le coût de la location, j'aimerais bien voir les prix chuter. Ce sera la garantie d'une utilisation massive du produit. L'occasion rêvée pour les entreprises de mettre en application les valeurs vertes qu'elles défendent.

Marcel Lévy
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1.Posté par Thierry Noisette le 17/06/2011 00:17
Comme quoi rien ne remplace l'expérience ;-) Merci pour cet article précis et étayé, que j'ai cité en "revue de web" sur SmartPlanet.fr.

2.Posté par Aldo le 19/06/2011 17:07
"Enfin, il n'est pas inutile non plus de rappeler que la notion de "zéro émission de carbone" n'est pas tout à fait juste. La fourniture électrique, qu'elle soit assumée par des centrales thermiques ou nucléaires, doit être prise en compte dans le calcul des émissions. Concrètement, la mesure du CO2 exprimé dépend de la consommation du véhicule (nombre de Kwh au 100 km). Les spécialistes estiment aujourd'hui que les émissions de CO2 d'une voiture électrique sont de l'ordre de 25 à 45 grammes par kilomètre parcouru. Trois à quatre fois moins que les moteurs thermiques."

Ce raisonnement est incorrect : jamais le coût carbone du raffinage de pétrole n'est pris en compte pour les véhicules à moteur thermique.

3.Posté par marcel levy le 19/06/2011 17:18
Bonjour
Cette information est pourtant donnée par Renault et confortée par diverses associations qui, elles, prennent en compte les batteries (recyclage) et diverses autres éléments technologiques.
Mais vous avez raison, il faut être plus précis... Nous enquêtons,
Cordialement
Marcel Lévy



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