Lundi 1 Octobre 2012

L'AESA veut réduire le temps de vol des pilotes pour améliorer la sécurité


L'Agence européenne de la sécurité aérienne a publié le 1er octobre 2012 ses conclusions pour lutter contre la fatigue des pilotes. Sa première recommandation : réduire leur temps de service. Pas vraiment dans l’air du temps, puisque de nombreuses compagnies demandent au contraire à leurs navigants de travailler plus pour augmenter leur productivité.



Virginie Valdois
Virginie Valdois
La fatigue est l'un des principaux problèmes des pilotes soumis au jet-lag et aux plannings perpétuellement changeants. Elle est d’ailleurs souvent source d’incident en vol selon une étude anglaise. L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) s’est ainsi penchée sur la question pour trouver des solutions. Après avoir étudié plus d’une cinquantaine d’études scientifiques, elle a remis le 1er octobre ses propositions de règles harmonisées en Europe pour lutter contre le mal du ciel et elle recommande entre autres de réduire le temps de service de vol (TSV) maximum autorisé, d’augmenter le temps de repos minimum lorsque les lignes assurées sont à des horaires difficiles comme la nuit ou à l’aube ainsi qu’une meilleure prise en compte des effets du décalage horaire. La trentaine de mesures présentées pourraient entrer en vigueur d'ici fin 2015 au sein des 27 pays de l'Union européenne ainsi qu’en Suisse, Norvège, Islande et au Liechtenstein, si elles sont approuvées par la Commission européenne et les États membres.
Réaction sans attendre du syndicat de pilotes SNPL ALPA : «La fatigue porte atteinte au jugement et à la capacité des équipages à réagir rapidement, avec d’éventuelles conséquences désastreuses. De récents accidents l’ont malheureusement montré», réagit Yves Deshayes, le président du SNPL France ALPA, lui-même pilote de ligne, «Devons-nous attendre le prochain accident pour une prise de conscience de l’insuffisance de la réglementation de l’UE ? Il faut une réglementation sûre, et maintenant !».Le syndicat appelle les institutions européennes à ne pas soutenir cette réglementation «dangereuse pour la sécurité aérienne».