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Mardi 27 Novembre 2007

L'AVION pour AVION!



Plus qu’une compagnie aérienne, un concept : L’Avion est un transporteur 100% Affaires. Basé à Paris-Orly, il transporte tous ses passagers vers les Etats-Unis (Newark) dans les conditions de la classe Business. Pas plus de 90 passagers par vol, et un prix low-cost puisque le ticket moyen aller-retour est à 1300 €. De quoi aiguiser la curiosité de Voyage et Business.



L'AVION pour AVION!
L’ALLER
L’enregistrement
12h30 à Orly Sud: 3 comptoirs un peu discrets derrière un poteau mais un écran explicite au-dessus : l’Avion va prendre son envol pour New York. Pas de file spéciale Business, puisque tout l’avion est Business ! Mais 90 passagers sont plus rapides à enregistrer que 300 ou 400, et la file d’attente ne s’allonge pas trop longtemps. Direction la douane et les contrôles.

Le salon d’Affaires au départ
Icare n’accueille pas que les passagers de L’Avion, et entre ceux d’Air Algérie, d’Air Europa, de Tunisair ou du tour-opérateur Kuoni, il y a foule… L’odeur tenace de cigarette est un peu dissuasive. Peu de presse, si ce n’est le Monde, le Parisien et le Financial Times. Pas de magazine. Un petit buffet bien alimenté permet de caler gâteaux secs ou fromages sous la dent. Les boissons sont au frais dans des réfrigérateurs aux portes transparentes. Chacun se sert.

L'AVION pour AVION!
L’embarquement
Embarquement Porte F, l’avion est au contact. Mais il faut d’abord franchir un premier contrôle assez pointilleux: veste à déposer, contrôle des chaussures, file spéciale pour L’Avion, qui va aux Etats-Unis et subit à ce titre des contrôles renforcés. Deuxième vague de sécurité devant la porte d’embarquement, et si l’appel dans le salon s’est fait à 13h, nous sommes encore dans le couloir à 13h50. Un peu long. Le personnel explique avec le sourire que l’aéroport d’Orly est nouvellement accrédité par les autorités américaines, particulièrement sourcilleuses. Fouille individuelle et interrogatoire séparés pour les hommes et les femmes. Chaque sac ou valise est à nouveau ouvert, vérification des liquides mis dans le sac en plastique à part comme le veut la règle. Pas moins de 5 minutes par passager, heureusement que l’avion n’est pas plein !

L'AVION pour AVION!
Le vol aller
Curieux, cet organisation d’avion qui limite l’aménagement à 90 sièges en un seul volume, sans cloison centrale, là où il y en a 220 habituellement. Une sensation d’espace s’impose, d’autant que chaque siège est séparé de la rangée qui le précède par 1,20 mètres. Salut cordial de chacun des membres de l’équipage. Deux couleurs dominent dans l’appareil, le parme et le gris foncé qui habillent les sièges placés deux par deux de chaque côté du couloir central. Hublot ou couloir, pas de place du milieu si pénible. Le fauteuil s’incline à 140°. Confortable, sans plus. Une trousse d’accueil, un oreiller moelleux et une grande couverture polaire attendent sur les sièges les passagers qui entrent au compte-goutte (les contrôles…). Un verre serait le bienvenu pour attendre, il arrive immédiatement et avec le sourire à la demande. Les boutons de gestion du siège sont effacés, il faut tester pour savoir à quoi ils correspondent. Mais une prise permet l’alimentation électrique des ordinateurs portables.
Le décollage est prévu à 14h. Il faut attendre 14h30 pour que l’appareil dégage de la passerelle et le décollage n’a lieu finalement qu’à 14h40. Le steward annonce des vents favorables qui permettront, assure-t-il, de rattraper ce retard. Démonstration de sécurité et la distribution des journaux commencent. Dommage pour les passagers de l’arrière, il ne reste que l’Equipe. Un écran compensera : les hôtesses distribuent en effet des écrans individuels, baptisés « Dig Eplayer » qui permettent de diffuser 11 films au choix et à la demande, en français ou en anglais au choix. Un vrai système vidéo individuel, avec écran de 20 cm. Le casque complète l’appareil, mais le modèle serre-tête à usage unique est un peu léger, donc peu confortable. Le chariot des boissons fait sa tournée, au choix champagne (Lanson) whisky, vins ou jus de fruits, accompagnés de crackers. Gros succès du champagne et du jus de tomate : la moitié des passagers est américaine.
Petite serviette chaude et à 16h débute le service repas, bienvenu à cette heure, car l’en-cas du salon est loin ! Pas de menu mais un service à l’assiette très soigné sur nappe en papier blanc (serviette en tissus). La vaisselle carrée est très chic. Une assiette de poisson fait hors-d’œuvre, et s’accompagne d’un petit pain chaud. Le personnel s’agite mais au nombre de passagers, le dernier n’a son entrée qu’à 16h20, et le plat principal choisi (saumon, poulet ou noisette d’agneau ?) est bien chaud mais ne vient sur la tablette qu’à 16h45. Le fromage suit dans une nouvelle assiette carrée chic (le pain est toujours chaud) avant des gourmandises sur un plateau renouvelé, accompagnées d’un sourire, d’un choix de thé ou café et de deux chocolats dans un joli boîtage blanc. Petite serviette chaude à la fin du repas : la totalité du service a duré 1h30, un peu long pour des ventres affamés, même si cela occupe le temps. La lumière de l’appareil baisse pour faciliter la sieste ou la lecture des écrans vidéo. Les hôtesses proposent un service de duty-free.

21h, une collation est servie, thé ou café à nouveau avec de petits sandwichs et un yaourt au fruit, sans oublier le sourire. Les formulaires de douane suivent, un steward passe pour donner des explications, fournir les bons documents selon les besoins de chacun et… distribuer des stylos.
21h45, collecte des lecteurs de films, la descente très douce sur Newark a commencé. Le steward passe pour distribuer un CD « jazz on air » et recueillir le sentiment des passagers sur le vol.
22h25 (16h25 locale) Le vol est posé, en avance de 20 minutes sur l’horaire prévu. Le steward avait raison.

Débarquement
La passerelle est vite franchie et les formalités, pour vigilantes qu’elles soient, vite expédiées : Newark est un aéroport bien moins fréquenté que JFK et les files d’immigration bien plus courtes. Un vrai plus !

Mais comment font-ils ?
C’est la question que l’on peut se poser quand le billet aller-retour des compagnies régulières classiques est au double de prix ! Elysair, holding de “L’Avion”, est une SAS de droit français capitalisée à hauteur de 25 millions d’euros. Son modèle économique est proche des low-costs avec un seul type d’appareil (le B 757-200), une procédure d’embarquement simplifiée et surtout une activité centrée sur le vol lui-même avec sous-traitance à des prestataires pour les activités connexes comme la maintenance des appareils (Lufthansa), la restauration à bord (Servair), la vidéo (Digecor) et les services associés comme les assurances, locations de voiture, hôtels etc. Il reste que les concurrents apprécient peu : Air-France et son associée dans Sky-Team Delta Airlines, par exemple, annoncent pour 2008 la relance des vols à partir d’Orly, aéroport plus accessible que Roissy pour une grande partie des passagers potentiels. La guerre des prix ne fait que commencer.