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La chasse au vert est lancée


Le voyage d'affaires va devoir se mettre au vert. En tous cas se "décarbonner". Ce n'est pas nouveau? Pas nouveau qu'on en parle, certes. Mais là, les obligations légales font de 2011 l'An 1 pour le faire. Entre l'obligation du bilan carbone pour les entreprises (et administrations) de plus de 500 salariés, à produire en janvier 2012, et les compagnies aériennes soumises au système d'échanges de quotas dès l'année prochaine, on entre véritablement dans le vif du sujet.



Soumises à l'obligation légale de faire leur bilan carbone, donc de calculer leurs émissions de gaz à effet de serre afin de les réduire, les plus grosses entreprises vont devoir passer aux cribles leurs activités de production mais aussi leur comportement. Pas de doute que le secteur du voyage d'affaires fera partie des secteur observés d'autant que le transport, tous modes confondus, est responsable de 28% des émissions de CO2 en Europe selon la Commission européenne. Voiture, train, avion, tout va y passer, et si la logique est poussée jusqu'au bout, les fournisseurs des grandes entreprises devraient elles aussi avoir à répondre aux questions et fournir, au moins en partie, des réponses aux questions posées sur leurs émissions de CO2. Il y a bien des officines qui vont se frotter les mains car un tel calcul, s'il se veut intelligent, demande un savoir faire plus important que l'estimation au "doigt mouillé". Dans le voyage d'affaires, les agences vont devoir répondre aux questions de leurs clients. Pour un voyage professionnel avec Eurostar à Londres, pas de problème: le bilan est inscrit sur le billet, emballé c'est pesé. Mais il faudra ajouter le bilan du déplacement du voyageur à la gare, les émissions émises pendant son séjour sur place et notamment à l'hôtel. C'est le cas de le dire, on n'est pas sorti de l'auberge.

Pour l'avion, ça va être bien plus compliqué encore. Pour l'instant, de plus en plus de compagnies vous offrent la possibilité de "calculer" vos émissions de CO2, dans l'idée de vous proposer de les "compenser", avec des plantations et autres activités environnementales pour l'avenir de la planète. De là à intégrer l'ensemble des données de votre voyage, il y a une marge. Il reste que ces compagnies, accusées de produire environ 3% des émissions de CO2 dans le monde, s'inquiètent de voir les voyageurs d'affaires se précipiter vers le train pour les plus courts trajets. Et s'angoissent plus encore devant la perspective de devoir payer des fortunes l'an prochain pour leurs propres "quotas" d'émission. British Airways a annoncé l'an dernier la construction d'une usine de production de biocarburant à partir de déchets organiques et pourrait être suivie d'ici la fin du mois de Qantas, si l'on en croit le Wall Street Journal. La société de production spécialisée, Solena, serait également courtisée par Lufthansa, Ryanair, EasyJet et d'autres. Une véritable "course au vert", comme celle que connaissent les constructeurs automobiles pour les voitures électriques.

Hélène Retout

Mardi 18 Janvier 2011


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1.Posté par AL Gogeon le 19/01/2011 10:05
La valse des bilans carbone de complaisance va s'ouvrir... il faut espérer que cela sera à la marge. Quant à faire voler des avions avec des biocarburants, plutôt que planter pour nourrir les habitants de la planète, de plus en plus nombreux, voilà où peut faire arriver le système. Personnellement, je ne suis pas sure que tout cela soit la bonne solution !

2.Posté par Quinquis Kevin le 20/01/2011 10:52
Bizarrement, l'ADEME français, pour un même vol calcule un taux de CO² beaucoup plus important que le Carbontrust britannique. Je serai curieux de savoir quel outil de mesure carbone sera utilisé par défaut par les entreprises...


3.Posté par Gogeon AL le 20/01/2011 12:22
Il existe aujourd'hui environ 30 méthodes différentes de calcul pour établir un bilan carbone, la méthode ADEME n'est qu'une méthode parmi toutes celles qui existent, et il y a en effet des différences importantes en termes de résultat entre les différentes méthodes. Selon les paramètres pris en compte pour définir les émissions en eq. CO2,, le taux de tolérance varie, et normalement, ce taux doit être aussi communiqué. Parmi les critères pris en compte, on retrouve le type et l'age des avions, la classe de transport, la quantité de carburant utilisée, le taux de remplissage,... ces dernierères étant peu disponibles, on arrive à des résultats qui sont peu fiables et expliquent de grandes dispersions dans les résultats.