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Lundi 22 Février 2016

La fin de l'espace Schengen pourrait perturber le travail des voyageurs d’affaires



L’afflux de réfugiés a provoqué une vraie remise en cause de la libre-circulation des personnes mais aussi, par conséquence directe, de la libre-circulation des biens. Une disposition qui, si elle perdure, pourrait provoquer un vrai choc négatif sur la croissance si l’on en croit le travail de la fondation Bertelsmann.



La fin de l’espace de libre circulation européen, autrement dit de l’espace Schengen, c’est le retour des contrôles aux frontières. Les voyageurs d’affaires savent à quel point cette libre circulation avait accéléré leur passage dans les aéroports en supprimant les contrôles de passeport. La réinstallation des contrôles aux frontières a de nouveau ralenti leurs mouvements mais selon une étude réalisée par l’institut Prognos pour la Fondation Bertelsmann, la suppression définitive de l'espace Schengen pourrait coûter très cher pour l’ensemble des affaires réalisées en Europe. Et l’Europe est le premier client mais aussi le premier fournisseur de la France.

En ce qui concerne les pertes de temps, Prognos calcule que la réinstauration des frontières entre les 26 membres de Schengen produirait naturellement des surcoûts salariaux mais aussi des surcoûts en terme de stockage et de production, les biens ne pouvant plus être produits pour être livrés en flux continus. En version « optimiste », le coût serait en dix ans de 470 milliards au total pour l’Europe, soit 77 milliards pour l’Allemagne et 80 milliards d’euros pour la France (2016-2025). La version « pessimiste » va jusqu’à une hausse des coûts de production de 3%, soit 1 400 milliards d’euros (235 pour l’Allemagne, 244 milliards d'euros pour la France). De quoi faire caler la croissance. D’autant que l'étude chiffre les conséquences indirectes pour l'économie américaine à 91 milliards d'euros en dix ans et à 95 milliards pour la Chine.

Il y a peu, France Stratégie avait estimé les coûts d'une fermeture de l'espace Schengen pour la France seule à un à deux milliards d'euros par an à court terme et jusqu'à dix milliards à plus long terme. Dans tous les cas, tous les coûts de production sont surchargés. Selon Aart De Geus, président de la Fondation Bertelsmann, "Si les frontières sont réinstallées, la croissance déjà faible en Europe va être encore plus sous pression". Pour lui, "Au final, ce sont les citoyens qui paient la facture", a-t-il estimé.