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La goutte qui fait déborder le vase




Comme toute la presse, DeplacementsPros reçoit quotidiennement des sondages ou des d’enquête dont la qualité est souvent inversement proportionnelle au ton péremptoire employé pour annoncer les «10 meilleures destinations de l’année», les « 5 plus beaux hôtels du monde» et autres remises de trophées discutables. Tripadvisor vient de se laisser aller à publier une liste des hôtels les plus sales de la planète et cela semble bien être la goutte qui fait déborder le vase pour les hôteliers concernés.

Passe encore, difficilement mais passe encore, pour les concours bidons des « villes les plus chères du monde », les « plus dangereuses du monde » et autres records variés: chacun se fait son opinion, consulte éventuellement le service sécurité de son entreprise s’il doit y aller en voyage d’affaires ou les recommandations du Quai d’Orsay, on s’en sort. Là, en mal de publicité sans doute, Tripadvisor vient sans doute de se disqualifier en publiant une liste des hôtels les plus sales de la planète. Paris serait en pole position suivi de Londres. Montréal décroche une mention. Nous l’avons reçue, cette liste, mais nous vous l’avons épargnée, connaissant quelques unes des adresses annoncées mais n’ayant aucune intention de leur jeter l’opprobre, ne voyant pas sur quelles bases. On connait les vertus et les désastres de «l’adverposting », cette technique qui consiste à monter des équipes complètes pour alimenter largement les commentaires favorables ou défavorables des sites internet. Pas question de jouer les dénonciateurs calomnieux , de hurler avec les loups !
Oui mais voilà, les hôteliers britanniques atteints dans leur honneur ne l’entendent pas de cette oreille, et ils demandent des comptes. Chez Tripadvisor, on indique que la liste des hôtels les plus sales était basée sur des '' algorythmes maison'' qui incluent des facteurs autres que les évaluations anonymes. Dans un communiqué qu'a obtenu le journal britannique The Independent, le site incriminé indique par ailleurs qu'il utilise des outils automatisés pour détecter la fraude ainsi qu'une équipe de modérateurs. Hum ?
La fronde ne va sans doute pas s’arrêter là : certains hôtels préparent une bataille juridique pour diffamation et l’Association des hôteliers britanniques réclame un système d’authentification qui ne supprime pas les commentaires, mais permette de vérifier si les commentateurs ont effectivement séjourné à l’hôtel ou déjeuné à la table qu’ils décrient. "Si nous avons besoin de coups de fouets, il faut que ceux -ci soient mérités'', explique le directeur de l’Association, Bob Cotton. C’est bien le minimum.

Hélène Retout

Mardi 2 Février 2010


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